Québec, août 2026 - Aperçu du marché du travail

Obtenez un aperçu rapide des faits saillants sur l’état du marché du travail du Québec au cours du dernier mois.

Sur fond d’incertitude liée aux négociations commerciales et aux menaces de hausses tarifaires, l’emploi recule au Québec en août (-18 500, -0,4 % par rapport à juillet), après être demeuré relativement stable le mois précédent. Cette baisse est entièrement attribuable à l’emploi à temps plein (-21 200), tandis que l’emploi à temps partiel enregistre une légère hausse (+2 700). Malgré ce repli, le taux de chômage se maintient à 5,6 %, la population active ayant connu un recul marqué. Les pertes d’emplois se répartissent entre les hommes (-9 100) et les femmes (-9 400). Les jeunes de 15 à 24 ans (-6 900) ainsi que les personnes de 25 à 54 ans (-24 300) affichent des baisses d’emploi, tandis que les 55 ans et plus enregistrent une hausse (+12 700). La population active diminue de 17 700 personnes par rapport à juillet (-0,4 %), avec le retrait d’un grand nombre de personnes du marché du travail. Sur un an, la population active a reculé de près de 75 000 personnes. Bien qu’une partie de cette baisse soit attribuable aux départs à la retraite, le recul touche également les jeunes de 15 à 24 ans (-12 500) et les personnes de 25 à 54 ans (-46 300) découlant surtout du repli du nombre de résidents temporaires présents au Québec. Depuis le début de l’année, l’emploi évolue en dents de scie au Québec, alternant entre périodes de recul marqué et modestes reprises. L’emploi a subi d’importantes pertes en février (-57 300) et en avril (-43 300). Des hausses modérées ont ensuite été observées en mai (+13 200) et en juin (+14 300), laissant entrevoir une certaine reprise du marché du travail. Toutefois, après un mois de juillet marqué par la stabilité, l’emploi recule de nouveau en août (-18 500). Par rapport à son sommet atteint en janvier, le Québec compte ainsi 81 000 emplois de moins dont près de la moitié (37 400) sont à temps plein.

Le marché du travail du Québec en chiffres

Personnes en emploi

4 588 700

-0,4 % depuis juillet

Taux de chômage

5,6%

0,0 pts depuis juillet

Source : Statistique Canada - Tableau 14-10-0287-01 - Caractéristiques de la population active, données mensuelles désaisonnalisées et la tendance-cycle, 5 derniers mois

Industries en vedette

Soins de santé et assistance sociale

Diminution du nombre d’emplois -3,0 %

juillet670 100

août649 800

Le secteur des Soins de santé et de l’assistance sociale a enregistré la plus forte baisse d’emplois parmi les industries en août, avec une perte de 20 300 (-3,0 %) comparativement à juillet. Les effectifs se sont établis à 649 800 travailleurs, leur niveau le plus faible depuis avril 2024. Après avoir atteint un sommet de 680 200 emplois en novembre 2025, l’emploi suit généralement une tendance à la baisse. Sur un an, le secteur compte 19 100 emplois de moins qu’en août 2025 (-2,9 %). En début d’année, Santé Québec signalait que plusieurs travailleurs étrangers temporaires du secteur pourraient voir leur permis de travail arriver à échéance sans être renouvelé. Dans un contexte marqué à la fois par le recul du nombre de travailleurs temporaires, les difficultés de recrutement et les efforts de rationalisation du réseau de la santé, ces facteurs pourraient avoir contribué à la diminution de l’emploi observée.

Foresterie, pêche, mines, exploitation en carrière, et extraction de pétrole et de gaz

Diminution du nombre d’emplois -6,7 %

juillet47 700

août44 500

En août, le secteur de la Foresterie, de la pêche et des mines a perdu 3 200 emplois (-6,7 %) par rapport au mois précédent, portant ses effectifs à 44 500 travailleurs. Après avoir connu une forte croissance à l’automne 2025, puis une période de relative stabilité, le secteur a enregistré quatre baisses consécutives. Cette séquence de replis n’a toutefois pas effacé les gains observés au cours de la dernière année, l’emploi demeurant supérieur de 3 700 postes (+9,1 %) à celui enregistré en août 2025. Les difficultés persistantes de l’industrie forestière, notamment la faiblesse de la demande américaine pour le bois d’œuvre, les droits compensateurs imposés par les États-Unis ainsi que plusieurs fermetures ou arrêts de production dans certaines scieries, ont contribué à réduire l’activité de récolte en forêt. Du côté minier, le recul des exportations minières et certains exercices de rationalisation entrepris par des entreprises pourraient également avoir occasionné des pertes d’emplois.

Commerce de gros et de détail

Diminution du nombre d’emplois -1,3 %

juillet651 900

août643 600

Le secteur du Commerce de gros et de détail a vu son emploi diminuer de 8 300 travailleurs (-1,3 %) en août pour s’établir à 643 600 emplois. Après avoir atteint un sommet de 677 500 emplois en octobre 2025, le secteur a perdu près de 34 000 emplois. Malgré quelques rebonds ponctuels, la tendance demeure à la baisse depuis la fin de 2025. Sur un an, l’emploi recule de 27 000 postes (-4,0 %). La baisse de l’emploi dans le secteur du commerce de gros et de détail peut s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment le ralentissement de la croissance économique, les perspectives d’emploi limitées ainsi que la hausse des dépenses liées au logement, qui réduisent l’appétit à dépenser. Par ailleurs, dans un contexte d’endettement élevé et d’incertitude économique, plusieurs ménages ont tendance à limiter leurs dépenses discrétionnaires et à reporter certains achats non essentiels. Le secteur doit également composer avec la concurrence accrue du commerce électronique, qui continue de gagner des parts de marché au détriment de certains détaillants traditionnels. Ces effets se sont traduits par l’annonce de plusieurs fermetures de boutiques et de commerces de grande surface.

Source : Statistique Canada - Tableau 14-10-0355-02 - Emploi selon l’industrie, données mensuelles désaisonnalisées (x 1 000)

Taux de chômage par région

Abitibi-Témiscamingue
2,9 %
Bas-Saint-Laurent
5,3 %
Capitale-Nationale
4,6 %
Centre-du-Québec
2,8 %
Chaudière-Appalaches
1,9 %
Côte-Nord et Nord-du-Québec
*
Estrie
3,0 %
Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine
7,5 %
Lanaudière
3,2 %
Laurentides
5,7 %
Laval
6,7 %
Mauricie
5,7 %
Montréal
8,8 %
Montérégie
4,7 %
Outaouais
6,3 %
Saguenay–Lac-Saint-Jean
3,4 %

Le taux de chômage était le plus bas dans la Région de Chaudière-Appalaches et le plus haut dans la Région de Montréal.

* confidentiel en vertu des dispositions de la Loi sur la statistique

Source : Indicateurs du marché du travail : selon la province, le territoire et la région économique, données non désaisonnalisées

Pleins feux sur certaines régions

Mauricie

132 000 personnes en emploi

-11,5 % depuis août 2025

La Mauricie a connu le recul de l’emploi le plus important en pourcentage parmi les régions du Québec au cours de la dernière année. Entre août 2025 et août 2026, il s’y est perdu 17 100 emplois (-11,5 %). La population active a également diminué de façon marquée, avec un repli de 17 800 personnes (-11,3 %), attribuable à la fois aux départs à la retraite et au retrait de chercheurs d’emploi découragés du marché du travail. Cette contraction du marché du travail s’est ainsi traduite par une baisse de 7,3 points de pourcentage du taux d’activité, qui se fixe à 57,2 %. Le taux d’emploi a lui aussi fortement diminué, reculant de 7,1 points de pourcentage pour atteindre 53,9 %. Malgré le repli de la population active, le taux de chômage a légèrement augmenté de 0,3 point de pourcentage au cours de la dernière année pour s’établir à 5,7 %. L’économie de la Mauricie, largement portée par son secteur industriel, demeure exposée aux fluctuations de la demande américaine et aux incertitudes entourant le commerce transfrontalier. Plus de 30 % des biens fabriqués dans la région sont destinés aux États-Unis. Cette exposition affecte particulièrement les industries du bois, du papier et des produits métalliques, dont une part importante de l’activité dépend des marchés américains. Au cours de la dernière année, la multiplication des mises à pied, des arrêts de production et des fermetures d’entreprises témoigne des difficultés rencontrées par plusieurs employeurs et fragilise l’activité manufacturière régionale. À ces pressions s’ajoutent le ralentissement de certains projets industriels et le recul de la population active associé aux départs à la retraite Autres nouvelles dans cette région

Estrie

185 400 personnes en emploi

+ 4,2 % depuis août 2025

Le marché du travail de l’Estrie a affiché une solide performance entre août 2025 et août 2026. L’emploi y a progressé de 7 400 personnes (+4,2 %) pour atteindre 185 400 travailleurs. Durant la même période, la population active a augmenté de 3 600 personnes (+1,9 %). La création d’emplois ayant été plus importante que la croissance de la population active, le taux de chômage a reculé de 2,1 points de pourcentage pour atteindre 3,0 %, soit la plus forte diminution observée parmi les régions du Québec. Le taux d’emploi a lui aussi progressé fortement, en hausse de 2,3 points de pourcentage sur un an, pour se fixer à 60,3 %. La croissance de l’emploi en Estrie repose notamment sur une forte progression de la construction résidentielle, particulièrement dans la région métropolitaine de recensement de Sherbrooke. Contrairement à Montréal et à la Capitale-Nationale, l’Estrie ne connaît pas de recul démographique, ce qui soutient la demande de main-d’œuvre et l’activité économique. Par ailleurs, les entreprises manufacturières de la région ont bénéficié d’investissements majeurs totalisant plusieurs milliards de dollars afin de moderniser leurs installations et de renforcer leurs capacités d’exportation. Le dynamisme de l’industrie touristique contribue également à accroître les besoins en main-d’œuvre. Enfin, l’essor du pôle technologique Sherbrooke-Bromont a vraisemblablement participé à la performance favorable du marché du travail régional. Autres nouvelles dans cette région

Capitale-Nationale

426 200 personnes en emploi

-5,3 % depuis août 2025

La Capitale-Nationale a enregistré la plus importante perte d’emplois en nombre parmi les régions du Québec au cours de la dernière année, avec un recul de 23 900 emplois (-5,3 %) entre août 2025 et août 2026. Cette baisse s’est accompagnée d’une diminution de 22 500 personnes de la population active (-4,8 %). Le taux d’emploi a diminué de 3,3 points de pourcentage pour s’établir à 62,6 %. Bien que son économie se soit considérablement diversifiée au fil des années dans des secteurs à forte valeur ajoutée, la Capitale-Nationale demeure fortement influencée par la présence de l’administration publique en raison de son rôle de centre décisionnel du gouvernement du Québec. Les mesures récentes visant à réduire les effectifs de la fonction publique, notamment le gel du recrutement et des embauches, ont ainsi des répercussions plus importantes dans la région qu’ailleurs au Québec. Selon le gouvernement du Québec, le gel du recrutement et des embauches, combiné aux départs à la retraite ainsi qu’à l’abolition de postes temporaires ou occasionnels, aurait déjà entraîné une réduction de 5 061 équivalents temps complet (ETC) au sein de la fonction publique à l’échelle de la province. Par ailleurs, le recul de la population totale observé dans la région contribue à atténuer la croissance de la demande de main-d’œuvre et constitue un facteur supplémentaire susceptible de freiner la progression de l’emploi. Autres nouvelles dans cette région

Dernière actualisation des données: 2026-09-04

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