Analyse de l'environnement - Nouveau-Brunswick : 2019

Principaux faits saillants

  • La croissance mondiale a progressé en 2017 et 2018, mais devrait ralentir quelque peu en 2019, ce qui s’explique en partie par les incertitudes commerciales, le resserrement des conditions financières, ainsi que le ralentissement économique à la fin de 2018. Les perspectives économiques mondiales pourraient être minées par des mesures commerciales supplémentaires, le possible retrait désordonné du Royaume-Uni de l’Union européenne (le Brexit) et un ralentissement aux États-Unis ou en Chine plus marqué que prévu.

  • La croissance économique aux États-Unis serait actuellement supérieure à la tendance, tandis que le taux de chômage aux États-Unis est inférieur à sa moyenne à long terme. La croissance aux États-Unis devrait reculer en 2019 et 2020, mais les marchés du travail pourraient demeurer restreints. Le différend commercial entre les États-Unis et la Chine a nui à la croissance dans les deux pays, et certaines entreprises craignent une hausse des coûts et un affaiblissement de la demande.

  • Après une forte croissance en 2018, l’économie canadienne devrait ralentir en 2019, mais la croissance devrait reprendre au second semestre de l’année et s’améliorer légèrement en 2020. Ce ralentissement est principalement dû à la faiblesse du secteur de l’énergie. Le resserrement de la politique monétaire et les niveaux d’endettement élevés pourraient limiter la croissance des dépenses de consommation, malgré certaines améliorations récentes au chapitre de l’emploi et des salaires. Sur une note plus positive, les exportateurs de produits non énergétiques devraient profiter de la faiblesse du dollar et de l’entrée en vigueur de nouveaux accords commerciaux.

  • La croissance économique au Nouveau-Brunswick s’est accélérée au cours des dernières années, mais ce rythme ralentira peu à peu au cours de la période visée pour des raisons démographiques et parce qu’en l’absence de grands projets les investissements, seront faibles. Après une croissance de 1,8 % en 2017, la croissance du PIB réel devrait avoir diminué pour s’établir à 1,1 % en 2018. Le recul de la croissance économique devrait perdurer pour s’établir à 0,8 % en 2019 et à 0,7 % en 2020.

  • La population du Nouveau-Brunswick a augmenté pendant trois années consécutives, soutenue par une forte poussée de la migration internationale. Toutefois, les nouveaux arrivants dans la province ne suffiront plus à soutenir cette croissance de la population. Le taux naturel d’accroissement de la population est désormais négatif, c.-à-d. que les décès ont dépassé les naissances. À mesure que cette situation s’intensifiera, la population commencera à diminuer et la population active en sera réduite à un moment où les pressions sur les dépenses gouvernementales s’accentuent.

Aperçu et contexte économique

La croissance mondiale ralentira en 2019

Si la croissance mondiale s'est accélérée en 2017 et 2018, un certain nombre de vents contraires soufflent à l'horizon. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que la production mondiale ralentira, passant de 3,6 % en 2018 à 3,3 % en 2019 (Figure 1).

Figure 1: Perspectives de croissance économique

Croissance du PIB réel (variation annuelle en %, dollars constants)/Taux de chômage(%)

Figure 1:  Perspectives de croissance économique

Source: Fonds monétaire international, Perspectives de l'économie mondiale, avril 2019

Montrer le tableau de données: Perspectives de croissance économique
Croissance du PIB réel (variation annuelle en %, dollars constants) / Taux de chômage (%)
Zone PIB 2018 PIB 2019 projeté PIB 2020 projeté 2019 Taux de chôm. projeté
Monde 3,6 3,3 3,6  - 
Canada 1,8 1,5 1,9 5,9
États-Unis 2,9 2,3 1,9 3,8
Royaume-Uni 1,4 1,2 1,4 4,2
Zone Euro 1,8 1,3 1,5 8,0
Chine 6,6 6,3 6,1 3,8
Japon 0,8 1,0 0,5 2,4

Source: International Monetary Fund (IMF) World Economic Outlook, April 2019

Les incertitudes commerciales sont les principales sources de préoccupation. Cela comprend la possibilité que les États-Unis et la Chine prennent d’autres mesures commerciales et les incertitudes liées à la ratification de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique. Parmi les autres risques à noter, il y a les effets différés du resserrement des politiques budgétaires et monétaires en 2018, le ralentissement de la croissance dans les grandes puissances économiques comme les États-Unis et la Chine, l’importance de la dette publique et de la dette privée et le risque d’un Brexit marqué par le désordre.

En 2018, les différends commerciaux entre les États-Unis et la Chine se sont intensifiés, ce qui a nui à la croissance dans les deux pays. Les États-Unis et le Canada sont devenus de plus en plus dépendants du commerce avec la Chine. Selon les données de la Banque mondialePied de page 1, la part des exportations américaines vers la Chine est passée de moins de 2 % en 1997 à plus de 8 % (130 milliards de dollars américains) en 2017 (Figure 2). De plus, près de 22 % des importations américaines provenaient de Chine en 2017 (526 milliards de dollars américains). Le renforcement des obstacles au commerce pourrait entraîner une hausse des coûts des biens intermédiaires importés et des prix pour les consommateurs. Ce même phénomène pourrait également miner la confiance des entreprises et l’investissement, perturber les chaînes d’approvisionnement et ralentir la croissance de la productivitéPied de page 2.

Figure 2: Part des partenaires exportateurs mondiaux, 2017

Commerce international de marchandises et de services commerciaux ($ US)

Figure 2:  Part des partenaires exportateurs mondiaux, 2017

Source: Banque mondiale, World Integrated Trade Solution / base de données Comtrade des Nations Unies

Montrer le tableau de données: Part des partenaires exportateurs mondiaux, 2017
Part des partenaires exportateurs mondiaux, 2017 - Commerce international de marchandises et de services commerciaux ($ US)
Exportations Au Canada Au É-U Au Royaume-Uni Au Mexique À la Chine À la Zone euro
Exportations du Canada  -  76 % 3 % 1 % 4 % 3 %
Exportations des États-Unis 18 %  -  4 % 16 % 8 % 11 %
Exportations du Royaume-Uni 1 % 13 %  -  0 % 5 % 36 %
Exportations du Mexique 3 % 80 % 1 %   -   2 %  4 %
Exportations de la Chine 1 % 19 % 3 % 2 %  -  9 %

Source: Banque mondiale, World Integrated Trade Solution / base de données Comtrade des Nations Unies

Le Canada a également entretenu des relations tendues avec la Chine en 2018, et les pourparlers commerciaux entre les deux pays ont pris fin en 2018. Le Canada est lui aussi devenu de plus en plus dépendant du commerce avec la Chine. La part des exportations totales du Canada vers la Chine est passée de moins de 1 % à plus de 4 % entre 1997 et 2017 (voir la figure 2). Environ 12 % des importations du Canada provenaient de la Chine en 2017 (54 milliards de dollars américains). Les données sur les exportations de marchandises en 2018 montrent que la Chine est la deuxième destination des exportations de biens du Canada atlantique parmi les pays, derrière les États-Unis (Figure 3). En 2018, un peu plus de 5 % des exportations internationales de marchandises du Canada atlantique étaient destinées à la Chine (1,3 milliard de dollars américains, soit 1,7 milliard de dollars canadiens).

Figure 3: Exportations de produits nationaux du Canada atlantique

Milliards de dollars canadiens/part des partenaires d'exportation (%)

Figure 3:  Exportations de produits nationaux du Canada atlantique

Source: Innovation, Sciences et Développement économique Canada, Données sur le commerce en direct, consulté le 2019-03-22

Montrer le tableau de données: Exportations de produits nationaux du Canada atlantique
Exportations de produits nationaux du Canada atlantique - Milliards de dollars canadiens/part des partenaires d'exportation (%)
Exportations Exportations de biens du Canada atlantique
Au É-U 68,5 %
À la Zone euro 10,0 %
À la Chine 5,1 %
Au Royaume-Uni 4,5 %

Source: Innovation, Sciences et Développement économique Canada, Données sur le commerce en direct, consulté le 2019-03-22

Au Canada en 2019, tous les regards seront tournés vers l’Accord Canada-États-Unis‒Mexique, qui a été signé le 30 novembre 2018 et qui devrait être ratifié cette année. Plus des trois quarts des exportations canadiennes de biens étaient destinées aux États-Unis en 2018 (308 milliards de dollars américains, soit 399 milliards de dollars canadiens). La même année, la part des exportations de biens du Canada atlantique vers les États-Unis était de 68,5 %, une proportion légèrement inférieure (22,4 milliards de dollars canadiens, soit 17,3 milliards de dollars américains)Pied de page 3.

Figure 4: Le dollar canadien et le prix du pétrole

Dollar canadien/dollar américain (axe de gauche) et prix du pétrole brut (axe de droite)

Figure 4:  Le dollar canadien et le prix du pétrole

Source: Banque du Canada, United-States Energy Information Administration (prix au comptant à Cushing, en Oklahoma) WTI = Prix par baril de West Texas Intermediate ($ US)

Montrer le tableau de données: Le dollar canadien et le prix du pétrole
Le dollar canadien et le prix du pétrole - Dollar canadien/dollar américain (axe de gauche) et prix du pétrole brut (axe de droite)
Exportations $ CAD/ $ US WTI ($ par baril)
Janv 2010 0,959  78,33 
Janv 2011 1,006  89,17 
Janv 2012  0,987   100,27 
Janv 2013  1,008   94,76 
Janv 2014  0,914   94,62 
Janv 2015  0,825   47,22 
Janv 2016  0,703   31,68 
Janv 2017  0,758   52,50 
Janv 2018  0,805   63,70 
Janv 2019  0,752   51,38 

Source: Banque du Canada, United-States Energy Information Administration (prix au comptant à Cushing, en Oklahoma) WTI = Prix par baril de West Texas Intermediate ($ US)

Malgré les incertitudes commerciales et d’autres sources de préoccupation, certains indicateurs économiques laissent supposer que la croissance des économies avancées pourrait être en perte de vitesse. De nombreuses banques centrales, dont la Banque du Canada, la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne, ont pris note du ralentissement de la croissance économique et de l’inflation et ont repoussé le relèvement des taux d’intérêt cette annéePied de page 4. La croissance des deux plus grandes puissances économiques du monde, soit les États-Unis et la Chine, devrait ralentir. L’économie chinoise a commencé à ralentir en 2018 en raison du resserrement de la réglementation financière et des répercussions des mesures commerciales opposant les États-Unis et la Chine. De même, l’économie américaine, qui dépasserait actuellement la tendance, devrait connaître une croissance moins importante que celle qui a été observée en 2018 (2,9 %) pour s’établir à un peu moins de 2,0 % en 2020Pied de page 5. En 2018, les mesures de relance du gouvernement américain, se présentant sous forme de réduction d’impôt et d’augmentation des dépenses publiques, ont favorisé la croissance : le taux de chômage a chuté à son point le plus bas depuis les années 1960. Il est probable que le niveau actuel des dépenses publiques ne soit pas viable. Par ailleurs, le fait que les taux d’intérêt ont augmenté réduit la possibilité que les dépenses de consommation continuent d’augmenter, malgré des signes de hausse modérée des salaires. Certains indicateurs relatifs au marché de l’habitation américain se sont affaiblis au cours des derniers mois et certains fabricants américains ont fait part de leurs préoccupations au sujet de l’affaiblissement de la demande mondiale et de la hausse des coûts découlant de l’incertitude tarifaire et commercialePied de page 6.

La faiblesse du cours du pétrole aura une incidence négative sur la croissance du Canada en 2019

Le FMI prévoit que l’économie canadienne ralentira, passant d’une croissance de 1,8 % en 2018 à 1,5 % en 2019. Ce ralentissement fait suite à une année 2017 exceptionnelle qui avait été marquée par une croissance de 3,0 %. La Banque du Canada a constaté que l’économie canadienne fonctionne presque à plein régime depuis plus d’un an. Les taux de chômage ont chuté à leur point le plus bas en 40 ans et l’inflation est proche de l’objectif de 2 %Pied de page 7. Les principaux changements apportés aux perspectives au cours des derniers mois sont principalement liés à la fluctuation des prix sur les marchés du pétrole. Le cours du pétrole a chuté vers la fin de 2018, ce qui a incité les producteurs faisant partie ou non de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole à réduire leur production. En janvier 2019, le gouvernement de l’Alberta a imposé ses propres limites de production lorsque la décote du prix du pétrole canadien a atteint un sommet en raison des contraintes en matière de transport.

L’économie canadienne, et en particulier le dollar canadien, est étroitement liée au cours du pétrole (Figure 3). Lorsque les prix du pétrole ont chuté à la fin de 2018, la croissance du PIB du Canada s’est presque arrêtée et le dollar canadien a atteint son point le plus bas depuis 2017 (0,74 dollar américain en décembre 2018). La Banque du Canada s’attend à ce que cette faiblesse économique persiste jusqu’à la fin du premier semestre de 2019, puis s’atténuePied de page 8. Malgré la réduction de la production, l’offre mondiale de pétrole devrait rester supérieure à la demande en raison de l’augmentation de la production américaine de schiste et du ralentissement de la demande mondiale. Le FMI prévoit que le cours du pétrole restera près des chiffres actuels, qui correspondent en moyenne à moins de 60 dollars américains le baril, au cours des prochaines années. Bien que la baisse des prix du pétrole ait été problématique pour certains, l’économie canadienne présente une certaine marge de manœuvre. Les consommateurs peuvent profiter de la baisse des prix de l’énergie, tandis que les exportateurs de produits non énergétiques peuvent profiter de la baisse du taux de change et des prix des intrants.

Néanmoins, d’autres facteurs entrent en jeu pour les consommateurs et les entreprises du Canada. La hausse des taux d’intérêt, les niveaux élevés de la dette privée, la faible croissance des salaires réels et le ralentissement des prix du logement pourraient annuler ces effets et entraîner un recul des dépenses de consommation en 2019. Les entreprises pourraient également bénéficier d’un amortissement fiscal accéléré récemment mis en place pour encourager les investissements, mais cela pourrait être neutralisé par des contraintes de capacité (qui se sont atténuées ces derniers moisPied de page 9) ou de nouvelles mesures commerciales. À court terme, les dépenses consacrées aux infrastructures devraient maintenir l’équilibre de l’économie en vue des nouveaux fonds destinés à l’infrastructure de la santé et de la technologie. De plus, certaines provinces bénéficieront de projets d’immobilisations de grande envergure comme ceux qui démarrent actuellement en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique.

Figure 5: Perspectives économiques provinciales pour 2019

PIB réel, variation annuelle en pourcentage

Figure 5:  Perspectives économiques provinciales pour 2019

Source: Conference Board du Canada, Provincial Outlook Economic Forecast: Winter 2019 et Territorial Outlook Economic Forecast : Autumn 2018

Montrer le tableau de données: Perspectives économiques provinciales pour 2019
Perspectives économiques provinciales pour 2019 - PIB réel, variation annuelle en pourcentage
Province Croissance du PIB réel
Canada +1,9%
C-B -2,5%
AB -1,3%
SK +2,2%
MN -1.6%
ON -2,1%
QC -1,8%
N-B +1,4%
N-É +1.6%
I-P-É +3.2%
T-N-L +2,7%
YK +8,2%
T-N-W +10,2%
NV +3,7%

Source: Conference Board of Canada, Provincial Outlook: Winter 2019 and Territorial Outlook: Autumn 2018

L’Alberta a été en tête des provinces pour ce qui est de la croissance en 2017, bien que la plupart des provinces, à l’exception de Terre-Neuve-et-Labrador, aient connu une croissance plus forte cette année-là. La Colombie-Britannique, l’Alberta, le Québec, l’Ontario et l’Île-du-Prince-Édouard devraient connaître la plus forte croissance en 2018. En 2019, l’Alberta devrait accuser un retard par rapport aux autres provinces en raison de la réduction de la production pétrolière, du ralentissement de l’investissement des entreprises et du recul des mises en chantier (Figure 5). Le Conference Board du Canada prévoit que Terre-Neuve-et-Labrador sera en tête des provinces en matière de croissance en 2019, mais signale que cette croissance sera inégale en raison de l’instabilité observée dans l’industrie pétrolière et des calendriers de construction de divers projets.

Nouveau-Brunswick : Ralentissement progressif de la croissance économique

La croissance économique de la province s’est accélérée au cours des dernières années, mais ce rythme ralentira peu à peu au cours de la période visée pour des raisons démographiques et parce qu’aucun grands projets n’est envisagé. Après une croissance de 1,8 % en 2017, la croissance du PIB réel devrait avoir diminué pour s’établir à 1,1 % en 2018. La croissance économique devrait diminuer pour s’établir à 0,8 % en 2019 et à 0,7 % en 2020.

Le revenu des ménages s’est accru en 2018 grâce à des gains d’emplois et une accélération de la croissance des salaires. Les revenus hebdomadaires moyens ont augmenté de 2,8 %, soit deux fois supérieurs au rythme enregistré un an plus tôt et dépassant la moyenne nationale. Les salaires et les rémunérations ont augmenté de 4,0 %, ce qui est supérieur à la hausse de 3,3 % enregistrée un an plus tôt. Il semble que les ménages aient choisi de rembourser leurs dettes ou d’épargner au lieu de dépenser le revenu supplémentaire. La croissance des ventes au détail a beaucoup ralenti l’an dernier, chutant de 6,8 % en 2017 à 1,3 %, et le nombre de véhicules à moteur vendus a diminué de 7,8 %, même si les mesures incitatives chez les concessionnaires automobiles ont été plus vigoureuses que d’ordinaire. Il semble que l’achat de biens durables sensibles à l’inflation ait généralement reculé l’an dernier, le financement devenant plus coûteux. Ayant été plus faibles que jamais depuis près d’une décennie, les taux d’intérêt ont connu une hausse beaucoup plus rapide en 2018 et ils devraient augmenter peu à peu dans les prochaines années, en phase avec la hausse graduelle du taux directeur de la Banque du Canada visant à stabiliser l’inflation et l’emploi. Même si le coût moyen d’obtention d’un prêt hypothécaire dans la province est relativement faible par rapport aux autres provinces et territoires, il suivra la hausse des taux hypothécaires et du prix des habitations. Cela devrait réduire le besoin de construction d’habitations.

Le commerce net a sans doute pesé sur la croissance économique en 2018 à cause de facteurs temporaires comme une baisse de production à la raffinerie d’Irving Oil à Saint John après une explosion survenue à l’automne dernier. La baisse de production à la mine Caribou de la Trevali Mining Corporation à cause du faible prix des métaux a fait reculer les exportations minières. Une inversion de ces facteurs devrait contribuer à la croissance en 2019. Le début de la production à la mine Restigouche de Trevali au cours de l’année est un autre signe encourageant. L’incertitude à l’égard du commerce (surtout avec les États-Unis) ne semble pas avoir beaucoup pesé sur les exportations en 2018. Néanmoins, l’ACEUM devrait assurer la stabilité chez les exportateurs au cours des prochaines années. La signature de deux autres accords commerciaux signifie que les exportateurs peuvent vendre des biens exempts de tarifs à la plupart de leurs partenaires commerciaux.

Il semble que les pénuries de main-d’œuvre soient de plus en plus fréquentes dans la province, particulièrement dans les secteurs où les travailleurs qualifiés sont plus en demande. La hausse marquée du taux d’emplois vacants dans l’industrie des soins de santé et de l’assistance sociale semble confirmer cette impression.  La difficulté à attirer des professionnels appropriés dans le réseau de la santé a été bien couverte dans les médias au cours de la dernière année. Cela est particulièrement vrai dans le cas du personnel infirmier et ambulancier. La difficulté apparente à doter certains de ces postes pourrait expliquer le ralentissement du rythme de croissance de l’emploi l’an dernier dans l’industrie des soins de santé et de l’assistance sociale. Après une hausse de 4 400 emplois en 2017, le nombre de nouveaux emplois l’an dernier a atteint 2 200. De façon plus générale, les pénuries de travailleurs qualifiés dans la province risquent de réduire les investissements à court terme, les entreprises devant affecter leurs ressources autrement. Le possibilité d’une réduction de la population active à moyen terme risque non seulement de freiner la capacité de production d’une économie à un moment où les pressions sur les coûts des services publics augmentent, mais aussi d’exacerber le problème de pénurie de main-d’œuvre. Nous sommes dans une période où l’une des principales contraintes à la croissance de l’emploi à court terme est une pénurie de main-d’œuvre généralisée.

Conformément au plus récent budget provincial, le gouvernement prévoit insister sur la compression des dépenses. Les dépenses publiques contribueront peu à la croissance économique, les revenus augmentant modestement malgré la hausse des paiements de transfert du gouvernement fédéral. Aucun grand projet n’étant prévu, les investissements commerciaux devraient demeurer faibles au cours des prochaines années.

Marchés du travail

Canada : Les marchés du travail se resserrent partout au pays, mais les salaires réels n’ont pas encore augmenté

Le marché du travail canadien se redresse depuis la récession de 2009 et les conditions du marché du travail se sont considérablement resserrées. Depuis 2009, la croissance de l’emploi se fait à un rythme supérieur à la croissance de la population active, ce qui a entraîné la réduction du taux de chômage. En 2018, le taux de chômage se situait à son point le plus bas en 40 ans, soit 5,8 %. Les conditions du marché du travail se sont améliorées dans toutes les provinces (Figure 6), peu importe le sexe et le groupe d’âge.

Figure 6: Croissance de l'emploi (variation en %), 2017 à 2018

Provinces canadiennes

Croissance de l'emploi (variation en %), 2017 à 2018

Source: Statistique Canada, Tableau 14-10-0327-01 : Caractéristiques de la population active selon le sexe et le groupe d'âge détaillé, données annuelles

Montrer le tableau de données: Croissance de l'emploi (variation en %), 2017 à 2018
Croissance de l'emploi (variation en %), 2017 à 2018
Province / térritoire Croissance de l'emploi
I-P-É 3,1%
AB 1,9%
ON 1,6%
N-É 1,5%
C-B 1,1%
QC 0,9%
MB 0,6%
T-N-L 0,5%
SK 0,4%
N-B 0,3%

Source: Statistique Canada, Tableau 14-10-0327-01 : Caractéristiques de la population active selon le sexe et le groupe d'âge détaillé, données annuelles

Les pénuries de main-d’œuvre sont de plus en plus préoccupantes dans bon nombre de secteurs et régions du pays. Selon un rapport récent de la Banque de développement du Canada, 39 % des petites et moyennes entreprises au Canada ont eu de la difficulté à trouver de nouveaux travailleursPied de page 10. Le nombre de postes vacants a augmenté dans toutes les provinces en 2018. C’est en Colombie-Britannique que le taux de postes vacants était le plus élevéPied de page 11. Dans cette province, à titre d’exemple, ConstruForce Canada a constaté que la pénurie de main-d’oeuvre dans le secteur de la construction a contribué à retarder les projets et à accroître les coûtsPied de page 12.

La part qu’occupent les personnes de 55 ans et plus dans la population active canadienne a considérablement augmenté au cours des deux dernières décennies. Il y a 20 ans, 1 personne sur 10 au sein de la population active avait 55 ans et plus, comparativement à 1 personne sur 5 aujourd’hui. Bien que le taux d’activité au Canada ait légèrement diminué en 2018 pour s’établir à 65,4 %, le taux d’activité des travailleurs âgés (55 ans et plus) a suivi une tendance à la hausse. Il a atteint un sommet en 2017. L’activité accrue des travailleurs âgés a contribué à atténuer une partie des répercussions du vieillissement de la population sur la population active.

Malgré les rapports faisant état de pénuries sur le marché du travail, rien ne semble indiquer que les salaires réels aient augmenté de façon significative en réaction à ces pénuries. Les salaires moyens ont augmenté de 2,0 % en 2017 et de 2,6 % en 2018. Au cours de la même période, les prix moyens à la consommation ont augmenté de 1,6 % et 2,3 %, dans l’ordrePied de page 13. La Banque du Canada s’est penchée sur plusieurs causes possibles. L’une d’entre elles est un ajustement à court terme dans les régions à forte consommation d’énergie pour faire baisser les prix du pétrole. Toutefois, d’autres forces structurelles pourraient également constituer un facteur, comme le pouvoir de négociation plus faible des travailleurs occupant des emplois atypiques liés à l’économie des petits boulots. Malgré ces influences, la Banque du Canada s’attend à ce que les salaires augmentent au deuxième trimestre de 2019Pied de page 14.

Nouveau-Brunswick : la base d’emploi s’élargit deux ans de suite

Les conditions du marché du travail ont connu une certaine amélioration en 2018, l’emploi ayant progressé deux années d’affilée, soit un ajout de près de 1 000 emplois à l’économie provinciale. De façon plus générale, l’emploi est demeuré à peu près stable depuis 2012, c.-à-d. que seule une petite partie des quelque 12 000 emplois perdus dans la foulée de la récession de 2008-2009 ont été regagnés (voir figure 6). Cela signifie que la croissance économique au cours des dernières années a été grandement stimulée par la hausse de la productivité.

La population active a diminué depuis une dizaine d’années et, malgré qu’une modeste augmentation l’an dernier soit encourageante, elle ne devrait pas durer. Tout indique que la population active recommencera à diminuer d’ici un an ou deux. Ce déclin des dernières années est principalement attribuable à une diminution du taux de participation. Les personnes de plus de 65 ans, dont le taux de participation à la population active est beaucoup plus faible, représentent une part croissante de la population en âge de travailler. Par ailleurs, après une tendance à la baisse depuis plus de dix ans, le taux de participation chutera de 61,3 % en 2018 à un taux à peu près stable de 60,5 % en 2021 (voir figure 8).

Figure 7 : Emploi au Nouveau-Brunswick (en milliers), 2005 à 2018

Figure 7: Emploi au Nouveau-Brunswick (en milliers), 2005 à 2018

Source: Statistiques Canada, Tableau 14-10-0327-01 : Caractéristiques de la population active selon le sexe et le groupe d'âge détaillé, données annuelles

Montrer le tableau de données: Emploi au Nouveau-Brunswick (en milliers), 2005 à 2018
Emploi - Nouveau-Brunswick (milliers)
Année Emploi (milliers)
2005 346,5
2006 350,4
2007 357,6
2008 360,7
2009 360
2010 358,1
2011 355,5
2012 353,1
2013 354,5
2014 353,9
2015 351,8
2016 351,5
2017 352,9
2018 353,8

Même si la croissance de l’emploi est demeurée essentiellement stable depuis cinq ans, le taux de chômage a beaucoup diminué avec la réduction de la population active. Le taux de chômage de 8,0 % en 2018 a beaucoup reculé par rapport au taux de 10,3 % atteint cinq ans auparavant. Le taux de chômage devrait diminuer progressivement avant de s’établir à environ 7,0 % en 2021.

Figure 8 : Population active et taux de participation (en milliers et %) 2005 à 2018

Figure 8 : Population active et taux de participation (en milliers  et %) 2005 à 2018

Source: Statistiques Canada, Tableau 14-10-0327-01 : Caractéristiques de la population active selon le sexe et le groupe d'âge détaillé, données annuelles

Montrer le tableau de données: Population active et taux de participation (en milliers et %) 2005 à 2018
Population active et taux de participation (en milliers et %) 2005 à 2018
Année Population active Taux de participation
2005 383,5 63,2
2006 383,9 63,3
2007 386,6 63,6
2008 394,3 64,6
2009 394,1 64,2
2010 394,3 63,9
2011 392,9 63,3
2012 393,3 63,2
2013 395,2 63,5
2014 393 63,2
2015 390,2 62,7
2016 388,6 62,3
2017 383,9 61,5
2018 384,5 61,3

Les gains de population exceptionnellement importants au Nouveau-Brunswick l’an dernier sont largement attribuables à la migration internationale nette. Le nombre de nouveaux arrivants dans la province devrait demeurer élevé au cours des prochaines années, car Ottawa a récemment haussé ses objectifs d’immigration jusqu’en 2021. Le Conference Board du Canada prévoit qu’environ 3 000 migrants internationaux arriveront dans la province à moyen terme. Malgré cela, la population commencera probablement à décliner vers 2021, à mesure que le taux naturel de croissance de la population atteindra des valeurs négatives.

Tous les gains d’emplois du Nouveau-Brunswick l’an dernier ont été enregistrés dans le secteur des services, compensant la légère baisse dans le secteur des biens. Grâce à cette augmentation, le nombre d’emplois liés aux services s’est accru d’un peu plus de 2 000 depuis deux ans.

Au-delà de l’augmentation globale des emplois liés aux services, des écarts existent au sein du secteur. Des gains d’emplois ont été enregistrés l’an dernier dans six des onze sous-industries du grand secteur des services. Toutefois, la plupart des gains ont été réalisés dans les industries des soins de santé et de l’assistance sociale (+2 200) et dans les administrations publiques (+1 200). À noter que les gains d’emplois dans cette première industrie ont diminué de moitié, par rapport à 4 400 de l’an dernier. Cela n’indique pas un ralentissement de la demande dans le secteur des soins de santé (car elle augmente), mais sans doute que la croissance de l’emploi est freinée par le manque de travailleurs qualifiés.

De même que les gains d’emplois dans le secteur des services ont été enregistrés dans un petit nombre d’industries, les pertes d’emploi ont été enregistrées presque exclusivement dans le commerce (-2 900), et les autres services (-800). La détérioration des conditions du marché du travail dans l’industrie du commerce s’est fait sentir surtout dans le commerce de détail, ce qui n’a rien d’étonnant étant donné le ralentissement important des ventes au détail l’an dernier. L’emploi a légèrement diminué dans le commerce de gros, ce qui pourrait être en partie attribuable à l’incertitude à l’égard de la renégociation de l’ALENA qui a persisté pendant une bonne partie de l’année. Selon Statistique Canada, près de 4 000 emplois dans l’industrie du commerce de gros découlent de la demande de pays étrangers, dont environ 71 % des États-Unis.

Un examen plus approfondi des résultats d’emploi dans le secteur de la production de biens révèle que les conditions du marché du travail ont été relativement stables l’an dernier. Le principal gain a été l’ajout de 1 200 emplois dans les secteurs de la foresterie, de la pêche, des mines, de l’exploitation en carrière et de l’extraction de pétrole et de gaz, ce qui a annulé une baisse équivalente l’an dernier. Cela dit, cette hausse est entièrement attribuable aux gains d’emplois dans le sous-secteur de l’extraction minière, de l’exploitation encarrière et de l’extraction de pétrole et de gaz. L’autre sous-industrie, soit la foresterie et l’exploitation forestière et les services de soutien, a enregistré une modeste baisse des gains d’emplois après une période de stabilité de près de trois ans. Dans l’ensemble, la plupart des résultats de production ou d’exportation indiquent que le secteur forestier a connu un assez bon rendement dans la dernière année malgré des circonstances difficiles, comme la faiblesse des cours du bois d’œuvre et les droits sur le bois d’œuvre résineux exporté aux États-Unis. Les résultats annuels d’exportation des scieries et de la préservation du bois n’indiquent nullement que l’activité forestière a fléchi. Même si elles n’égalent pas tout à fait le rythme de croissance de l’an dernier, les exportations ont augmenté de plus de 9,0 %. Par ailleurs, l’ajout de près de 1 000 emplois en agriculture est également encourageant et porte les gains cumulatifs depuis 2015 dans ce secteur à près de 2 000 emplois. Dans l’ensemble, les conditions du marché du travail en agriculture sont soutenues par une forte demande internationale. En 2018, les exportations en aquaculture animale ont connu une croissance remarquable de 80 %. Les exportations de produits agricoles, de produits de la pêche et de produits alimentaires intermédiaires ont augmenté de 7,3 %.

Régions économiques : la détérioration du marché du travail de Fredericton-Oromocto n’est que temporaire.

L’évolution du marché du travail a quelque peu varié en 2018, selon les régions économiques de la province. La région économique de Campbellton-Miramichi se distingue en enregistrant les plus importants gains d’emplois dans la province au cours des deux dernières années. Les conditions du marché du travail se sont encore renforcées dans la région de Moncton-Richibucto en 2018, mais se sont beaucoup détériorées dans la région économique de Saint John-St. Stephen.

Le nombre d’emplois a augmenté de 1 600 dans la région économique de Campbellton-Miramichi en 2018, hausse qui s’ajoute à celle encore plus impressionnante de 2 300 emplois l’an dernier, ce qui porte le gain d’emplois total à près de 4 000 pour les deux années. Ces gains d’emplois ont largement dépassé ceux de toutes les autres régions économiques de la province. Si les gains d’emplois en 2017 et en 2018 sont encourageants, ils doivent être pris dans leur contexte : ils suivent des pertes à peu près équivalentes les trois années précédentes. Les 62 400 personnes employées dans la région économique de Campbellton-Miramichi l’an dernier correspondent grosso modo à la moyenne à long terme. Si les gains d’emplois des dernières années ont certes contribué à diminuer le taux de chômage, l’augmentation de la population active (qui, en 2018, avait augmenté deux ans de suite) a fait le contraire. Cela dit, la croissance récente de la population active suit une période de déclin remarquable. Entre 2013 et 2016, par exemple, plus de 6 000 personnes ont quitté la population active. Les augmentations les plus récentes n’ont permis d’inverser qu’une fraction de cette réduction. Il y a des signes encourageants au chapitre des possibilités d’emploi. La production de la mine de plomb et de zinc Caribou de Trevali devrait augmenter de 15 % en 2019.

Dans la région économique de Moncton-Richibucto, les conditions du marché du travail se sont à nouveau renforcées en 2018. Le nombre d’emplois a augmenté de 1 500, soit plus du double de la hausse de 700 postes de l’année précédente. Globalement, le nombre de personnes employées dans la région correspond à la moyenne à long terme. Un plus grand nombre de personnes étaient à la recherche d’un emploi en 2018, ce qui a réduit la baisse du taux de chômage de 0,3 point de pourcentage. À 6,8 % l’an dernier, le taux de chômage de la région économique de Moncton-Richibucto est le deuxième plus bas dans la province et n’est que légèrement au-dessus de son plus bas niveau jamais atteint. Contrairement à d’autres régions économiques de la province, la population active a évité un recul au cours des dernières années. En fait, elle est demeurée essentiellement stable pendant la majeure partie de la décennie, en partie à cause de sa main-d’œuvre relativement plus jeune. Dans la population totale de cette région économique, moins d’une personne sur cinq a plus de 65 ans, soit légèrement en deçà de la moyenne provinciale. L’âge médian est inférieur de plus d’une année complète à l’âge médian à l’échelle provinciale. Beaucoup de projets d’investissement modéré sont en cours ou débuteront bientôt, ce qui devrait favoriser des conditions relativement saines sur le marché du travail dans la région économique. Les travaux de réfection de la route 11 devraient reprendre cette année. Par ailleurs, le producteur de cannabis Organigram prévoit d’augmenter sa production cette année. La construction d’un pont permanent entre Moncton et Riverview en est à l’étape finale.

Une importante perte de 2 500 emplois dans la région économique de Saint John-St. Stephen l’an dernier a plus qu’annulé un gain raisonnablement vigoureux de 1 300 emplois en 2017. C’est la seule région économique ayant enregistré une détérioration significative des conditions du marché du travail l’année dernière. Bien qu’il soit encore très tôt, un important gain d’emplois a été enregistré en janvier 2019, soit l’ajout de 7 700 emplois sur douze mois, ce qui est encourageant en début d’année.

Après s’être détériorées en 2017, les conditions du marché du travail se sont stabilisées dans la région économique de Fredericton-Oromocto. Le nombre de personnes employées dans cette région économique est demeuré sensiblement le même en 2018, aucun des 2 100 emplois perdus l’année précédente n’ayant été regagné. Cette baisse ne semble toutefois pas être le début d’une tendance plus inquiétante. Le niveau de chômage dans la région économique a presque atteint la moyenne à long terme, avec 65 500 chômeurs en 2018. Bien qu’aucun gain d’emplois n’ait été réalisé depuis plusieurs années, les conditions du marché du travail demeurent parmi les meilleures de la province, le taux de chômage étant inférieur à la moyenne provinciale. Contrairement à d’autres régions économiques de la province, la population active a évité un recul important. Si la population vieillit, elle reste nettement plus jeune que celle du reste de la province. Plus généralement, la ville de Fredericton et ses environs restent une destination attractive pour les nouveaux investissements dans des secteurs rémunérateurs.

Le nombre de personnes employées n’a pas varié dans la région économique d’Edmundston-Woodstock l’an dernier. En réalité, le marché de l’emploi de cette région économique a affiché une stabilité remarquable depuis une dizaine d’années. Grosso modo, le nombre de personnes employées au cours de cette période a très peu varié, soit entre 36 000 et 36 500 personnes. La stabilité de l’emploi pendant cette période s’est déroulée dans un contexte de réduction progressive de la population active, ce qui explique que le taux de chômage a diminué peu à peu pendant cette période.

Figure 9: Données annuelles par région économique (milliers et %), 2008 à 2018

 

Nombre d'emploi

 

 

 

Région économique

2008

2017

2018

Taux moyen annuelle (%),

2008 à 2018

Variation annuelle (%),

2017 à  2018

Nouveau-Brunswick

306,7

352,9

353,8

-1,9

0,3

Campbelton-Miramichi

67,5

60,8

62,4

-7,6

2,6

Moncton-Richibucto

103,0

106,0

107,5

4,4

1,4

Saint John-St. Stephen

86,2

84,3

81,8

-5,1

-3,0

Fredericton-Oromocto

66,2

65,4

65,5

-1,1

-0,2

Edmundston-Woodstock

37,8

36,5

36,5

-3,4

0,0

Source: Statistique Canada, Tableau 14-10-0090-01

Défis socio-économiques touchant la prestation des services dans la région de l'Atlantique

Défi démographique

Bien que de nombreuses administrations du monde entier se préparent aux répercussions du vieillissement de la population (c.-à-d. qu’elles en sont aux premiers stades du vieillissement de la population), le Nouveau-Brunswick en est à un stade avancé. Le nombre de personnes âgées de 25 à 54 ans, alias le principal groupe d’âge actif, constitue chaque année une proportion décroissante de la population. La part de la population âgée de plus de 55 ans, dont le taux de participation au marché du travail est beaucoup plus faible, continue d’augmenter rapidement. Cette dernière a augmenté de 30 % depuis dix ans, de 2008 à 2018, et il représente plus d’un Néo-Brunswickois sur trois. Selon les estimations, en 2040, plus de la moitié de la population sera âgée de plus de 55 ans. En dépit d’une hausse considérable du taux de participation à la population active chez les aînés depuis seulement dix ans, ces derniers sont beaucoup moins actifs sur le marché du travail que le reste de la population. Le taux de participation de 33,7 % des personnes de plus de 55 ans est bien inférieur à la moyenne et, hélas, le potentiel d’une hausse importante à ce chapitre est faible.

L’autre conséquence du vieillissement rapide de la population est l’augmentation du taux de mortalité. Ce dernier dépasse déjà de beaucoup le taux moyen des naissances, soit un taux naturel d’accroissement de la population désormais négatif. Plus l’écart entre les deux se creusera, plus il faudra un nombre record d’immigrants qui entrent à chaque année dans la province et qui y restent pour inverser la tendance. Le taux de rétention des immigrants au Nouveau-Brunswick est relativement faible, bien qu’il soit meilleur que dans d’autres provinces de l’Atlantique. À cela s’ajoute le problème d’émigration. Même si l’attrait de l’Alberta pour les jeunes travailleurs a diminué depuis une dizaine d’années, un nombre croissant de travailleurs du principal groupe d’âge actif s’installent en Ontario. La combinaison de ces facteurs devrait faire reculer davantage la main-d’œuvre, à un moment où le coût associé aux soins de santé augmente.

Incertitude commerciale

Les exportations produisent des revenus importants pour les entreprises de toute la province. L’incertitude commerciale a été exceptionnellement élevée au cours des dernières années. D’abord, le différend sur le bois d’œuvre a causé beaucoup d’incertitude dans de nombreuses petites localités qui dépendent fortement des revenus des activités forestières. Des droits compensateurs et antidumping préliminaires ont été institués au début de 2017. La hausse des cours du bois d’œuvre résineux a aidé les exportateurs pendant un certain temps, mais les cours ont reculé l’hiver dernier, faisant craindre des fermetures de scieries et des mises à pied massives. Les cours se sont stabilisés depuis et devraient grimper peu à peu au cours des prochaines années. Néanmoins, l’incertitude demeure.

L’incertitude commerciale s’est atténuée ces derniers mois, mais elle persiste. En principe, l’ACEUM atténue la possibilité d’autres barrières commerciales de la part des États-Unis, le plus important partenaire commercial de la province. Jusqu’à présent, les États-Unis ont prélevé des droits sur les avions, le bois d’œuvre, le papier journal, l’acier et l’aluminium. L’exposition de la province à ces mesures est faible, hormis sur le bois d’œuvre et sur le minerai de fer, un intrant clé dans la production d’acier. Les exportations de minerai de fer ont reculé de 17 % en 2018, fort probablement attribuable aux tarifs de 25 % imposés sur l’acier et l’aluminium canadiens. Dans l’ensemble, l’ACEUM est encourageant, mais des risques subsisteront jusqu’à sa ratification plus tard cette année.

Pénurie de main-d’œuvre

La pénurie de main-d’œuvre est l’un des principaux problèmes que connaît l’économie du Nouveau-Brunswick à moyen terme. Plusieurs employeurs de la province ont indiqué avoir des difficultés à trouver des travailleurs. Si certaines situations concernent des professions moins qualifiées, le problème a été récemment le déséquilibre des compétences. Les pénuries de main-d’œuvre semblent être prononcées dans les secteurs présentant une forte concentration de professions hautement qualifiées. La pénurie de personnel infirmier et paramédical dans la province est bien documentée et encore pire dans les régions rurales, en particulier dans des petites localités francophones du nord de la province. La pénurie d’employés qualifiés que connaît l’ensemble de la province pourrait faire perdre des occasions d’investissement potentiellement importantes. L’économie provinciale pourrait conséquemment peiner à exploiter tout son potentiel de production.

Fossé entre zones rurales et zones urbaines

Malgré des années d’exode rural au profit des régions urbaines de la province et d’autres provinces, le Nouveau-Brunswick demeure l’une des populations les plus rurales du Canada. En 2018, 50,7 % de la population du Nouveau-Brunswick résidaient dans les trois plus grands centres urbains : Moncton (RMR), Saint John (RMR) et Fredericton (AR). Le mouvement de population vers ces grands centres a été particulièrement prononcé chez les plus jeunes, car ils tendent davantage à quitter leur ville natale pour poursuivre leurs études et trouver un emploi. Puisque moins de jeunes et plus de personnes âgées de plus de 55 ans vivement dans les régions rurales, la composition de la main-d’œuvre qui s’y trouve change radicalement et ces travailleurs subissent de fortes pressions. Le nombre accru de départs à la retraite risque déjà d’entraîner une pénurie de travailleurs qualifiés dans certaines entreprises. Des stratégies efficaces de fidélisation des jeunes seront d’autant plus importantes.

Défis financiers

Les pressions financières signifient que la croissance économique recevra une contribution limitée des dépenses publiques au cours des prochaines années. Le gouvernement provincial actuel compte ramener les finances publiques à des niveaux plus viables. La marge d’augmentation des impôts étant mince, des compressions budgétaires permettront principalement d’y arriver.

La dette estimée à 14,1 milliards de dollars représente l’une des situations les plus inquiétantes au chapitre des finances publiques. Le gouvernement actuel entend commencer à réduire la dette nette globale d’ici le début du présent exercice. Le remboursement des intérêts sur la dette, l’une des plus grandes dépenses gouvernementales actuelles, est impossible à soutenir.

Les diverses mesures prises par les administrations précédentes pour accroître les revenus ont imposé un fardeau fiscal important aux entreprises et aux ménages. L’impôt sur le revenu des entreprises et des particuliers est déjà parmi les plus élevés au pays, il sera de plus en plus difficile de l’augmenter. La hausse des impôts contribue à la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs de l’économie, en particulier dans les professions plus qualifiées et mieux rémunérées. L’impôt élevé sur le revenu des entreprises par rapport au reste du pays cause à la province un problème de compétitivité lorsqu’elle tâche d’attirer les travailleurs.

Remarque :

Les auteurs ont pris un soin particulier à rédiger ce document en fondant leurs recherches sur des informations sur le marché du travail qui étaient exactes et pertinentes au moment de la publication. Le marché du travail étant en évolution constante, les données fournies peuvent avoir changé depuis la publication de ce document. Nous encourageons les lecteurs à consulter d’autres sources pour obtenir des renseignements supplémentaires sur l’économie et le marché du travail locaux. Les renseignements présentés dans ce document ne reflètent pas nécessairement les politiques officielles d’Emploi et Développement social Canada.

Préparé par : Direction de l’analyse du marché du travail, Service Canada, Région de l'Atlantique
Pour de plus amples informations, veullez communiquer avec l'équipe d'IMT.

Pieds de page

Pied de page 1

Banque mondiale, ensemble de données du logiciel World Integrated Trade Solution / base de données Comtrade des Nations Unies. Sur Internet : https://wits.worldbank.org/ (consulté le 1er avril 2019).

Retour au pied de page 1 referrer

Pied de page 2

Fonds monétaire international, Perspectives de l’économie mondiale, janvier 2019. Sur Internet :

https://www.imf.org/fr/Publications/WEO/Issues/2019/01/11/weo-update-january-2019

Retour au pied de page 2 referrer

Pied de page 3

Industrie Canada, Données sur le commerce en direct. Sur Internet :

http://www.ic.gc.ca/eic/site/tdo-dcd.nsf/fra/accueil (consulté le 1er avril 2019).

Retour au pied de page 3 referrer

Pied de page 4

https://www.federalreserve.gov/newsevents/pressreleases/monetary20190320a.htm (en anglais seulement).

https://www.banqueducanada.ca/2019/03/fad-communique-2019-03-06

https://www.ecb.europa.eu/pub/economic-bulletin/html/eb201902~a070c3a338.en.html (en anglais seulement).

Retour au pied de page 4 referrer

Pied de page 5

Fonds monétaire international, Perspectives de l’économie mondiale, avril 2019. Sur Internet :

https://www.imf.org/fr/Publications/WEO/Issues/2019/03/28/world-economic-outlook-april-2019

Retour au pied de page 5 referrer

Pied de page 6

Réserve fédérale américaine, Livre beige, mars 2019.

Retour au pied de page 6 referrer

Pied de page 7

Banque du Canada, Rapport sur la politique monétaire - Janvier 2019. Sur Internet :

https://www.banqueducanada.ca/2019/01/rpm-2019-01-09

Retour au pied de page 7 referrer

Pied de page 8

Banque du Canada, Rapport sur la politique monétaire - Janvier 2019. Sur Internet :

https://www.banqueducanada.ca/2019/01/rpm-2019-01-09

Retour au pied de page 8 referrer

Pied de page 9

Banque du Canada, Enquête sur les perspectives des entreprises - Printemps 2019. Sur Internet :

https://www.banqueducanada.ca/2019/04/enquete-sur-les-perspectives-des-entreprises-printemps-2019

Retour au pied de page 9 referrer

Pied de page 10

Banque de développement du Canada, Pénurie de main-d’œuvre : un problème tenace. Sur Internet : https://www.ledevoir.com/documents/pdf/2019-01-15-penurie-main-doeuvre.pdf (consulté le 1er avril 2019).

Retour au pied de page 10 referrer

Pied de page 11

Statistique Canada, Postes vacants, employés salariés, taux de postes vacants et moyenne du salaire offert selon les provinces et territoires, données trimestrielles non désaisonnalisées.

Retour au pied de page 11 referrer

Pied de page 12

ConstruForce Canada, Regard prospectif - Construction et maintenance, 2019. Sur Internet :

https://www.buildforce.ca/fr/catalog/labour-market-information/construction-forecast-reports (consulté le 1er avril 2019).

Retour au pied de page 12 referrer

Pied de page 13

Statistique Canada, Tableau 14-10-0223-01 : Emploi et rémunération hebdomadaire moyenne (incluant le temps supplémentaire) pour l’ensemble des salariés selon la province et le territoire, données mensuelles, désaisonnalisées.

Statistique Canada, Tableau 18-10-0005-01 : Indice des prix à la consommation, moyenne annuelle, non désaisonnalisé.

Retour au pied de page 13 referrer

Pied de page 14

Banque du Canada, Les dessous du marché canadien du travail. Sur Internet : https://www.banqueducanada.ca/2019/01/dessous-marche-canadien-travail (consulté le 1er avril 2019).

Retour au pied de page 14 referrer

Date de modification :