Emploi-Avenir Québec - CNP 2112

Scénario 2015-2019 Choisir une profession

Chimistes (CNP 2112)

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Nature du travail

Les chimistes font de la recherche et des analyses qui se rapportent à des opérations industrielles, à l'élaboration de procédés et de produits, au contrôle de la qualité, à la surveillance du milieu, aux diagnostics et traitements médicaux, à la biotechnologie ainsi qu'à d'autres applications. Ils font également de la recherche théorique, expérimentale et appliquée sur des procédés chimiques et biochimiques de base afin de créer ou de synthétiser de nouveaux produits ou procédés.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession , il suffit de consulter le site de la Classification nationale des professions (CNP 2006).

Exemples de titres professionnels

  • agrochimiste
  • biochimiste
  • chimiste
  • chimiste clinicien
  • chimiste en alimentation
  • chimiste en océanographie
  • chimiste en recherche
  • chimiste organométallique
  • chimiste qualiticien
  • chimiste spécialiste des polymères
  • chimiste spécialiste des revêtements
  • chimiste spécialiste des textiles
  • chimiste spécialiste en chimie analytique
  • chimiste spécialiste en chimie inorganique
  • chimiste spécialiste en environnement
  • chimiste spécialiste en produits pharmaceutiques
  • chimiste théoricien
  • électrochimiste
  • organicien
  • pédochimiste
  • physico-chimiste
  • spécialiste en spectrométrie de masse organique
  • spectroscopiste en résonance magnétique nucléaire (RMN)

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : décembre 2015)

Après avoir augmenté fortement au cours de la première décennie des années 2000, le nombre de chimistes a diminué quelque peu par la suite. La forte hausse de la première décennie des années 2000 s'explique par le gain en importance accordée à l'environnement, à la qualité des eaux, au contrôle de la qualité, à la sécurité et à l'hygiène en milieu de travail. La baisse subséquente découle du plafonnement de cette tendance et aux baisses d'emplois observées dans les industries dans lesquelles les chimistes travaillent. Étant donné que l'emploi dans ces industries devrait repartir en légère hausse, on prévoit que le nombre de chimistes augmentera légèrement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des postes qui seront libérés par les chimistes qui prendront leur retraite et, dans une moindre mesure, de l'augmentation de l'emploi. En plus, la formation et l'expérience dans cette profession permettent aux chimistes d'accéder à des postes d'enseignants, tant au niveau collégial qu'universitaire, et de spécialistes des ventes techniques (voir 6221), surtout dans les industries chimiques et pharmaceutiques, et d'obtenir des promotions à des postes de supervision et de gestion.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles aux personnes qui satisfont aux exigences de l'Ordre des chimistes du Québec (voir la section Formation). Il peut s'agir de nouveaux diplômés universitaires, d'anciens membres qui recommencent à exercer cette profession ou d'immigrants. En 2011, environ 33 % des chimistes étaient en effet des immigrants, proportion plus de deux fois plus élevée que pour l'ensemble des professions (14 %), selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages. Notons que cette proportion était beaucoup plus élevée dans l'Île de Montréal (55 %) qu'ailleurs au Québec (quand même 20 %). Par ailleurs, peu de débouchés seront pourvus par des chimistes expérimentés en chômage, puisque le taux de chômage est habituellement très bas dans cette profession.

Au cours des dernières années, le nombre de débouchés a semblé insuffisant pour fournir un emploi à tous les diplômés en chimie et en biochimie, selon les données de l'enquête Relance du gouvernement provincial. En effet, plus de 50 % des diplômés du baccalauréat en chimie et en biochimie poursuivaient deux ans après leur diplomation leurs études au niveau de la maîtrise ou dans une autre discipline. Ce choix semble pertinent, puisque la situation sur le marché du travail des diplômés de la maîtrise fut habituellement meilleure que celle des diplômés du baccalauréat, surtout du côté du taux de placement dans des emplois à temps plein et en rapport avec la formation.

Ces données confirment que la maîtrise devient graduellement la norme pour pouvoir accéder à cette profession. Elles nous montrent également que le doctorat est exigé pour certains postes, car, selon les années, de 15 % à 35 % des diplômés de la maîtrise en chimie et de 25 à 55 % de ceux de la maîtrise en biochimie poursuivent leurs études. Ces exigences sont reflétées dans les données de l'Enquête nationale auprès des ménages. En effet, près de la moitié des chimistes (46 %) possédaient en 2011 une scolarité supérieure au baccalauréat, et 18 % un doctorat. Cette profession se classait d'ailleurs au sixième rang des 520 professions inventoriées dans Emploi-Avenir Québec quant à la proportion de titulaires d'un doctorat.

Notons finalement qu'une forte proportion de diplômés en biochimie, tant des bacheliers que des titulaires de la maîtrise, occupe des emplois dans d'autres professions que celle-ci : ingénieurs chimistes, biologistes, techniciens en chimie, etc.

Industries

Selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages, environ 35 % des chimistes travaillaient en 2011 dans le secteur manufacturier, surtout dans la fabrication de produits chimiques (24 %), industrie qui comprend celle de la fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments (13 %), and 28 % dans les services professionnels, scientifiques et techniques, principalement dans les services de recherche et de développement scientifiques (19 %). On en retrouvait aussi en nombre significatif dans l'administration publique (10 %), dans les soins de santé et l'assistance sociale (9 %), dans le commerce de gros (7 %) et dans les universités (6 %).

Tendances

Les domaines d'interventions des chimistes sont très variés : environnement, pharmaceutique, alimentation, chimie organique, biochimie clinique, etc. En plus, les interventions dans ces domaines peuvent être exercées dans des optiques bien différentes : analyses et protocoles d'analyses, recherche et développement, hygiène industrielle, urgences environnementales, assainissement des eaux, décontamination des sols, incendies, enquêtes judiciaires, examens cliniques, contrôle de la qualité, etc. Si les chimistes ont accès à des possibilités variées d'interventions, la mobilité est faible entre ces types d'interventions. En effet, un chimiste expérimenté dans une spécialité, par exemple en chimie organique, demeure en général associé à cette spécialité tout au long de sa carrière, même lorsqu'il change d'emploi.

Dans ce contexte, l'évolution de l'emploi dans cette profession peut dépendre d'une foule de facteurs, selon les domaines d'interventions. Cela dit, l'évolution de la législation, le niveau des dépenses gouvernementales, les innovations technologiques et les découvertes scientifiques sont parmi les facteurs qui influencent le plus l'emploi dans cette profession. À ces facteurs, s'ajoutent les perspectives de l'industrie de la fabrication de produits chimiques, industrie qui embauche environ 24 % des chimistes.

Évolution de la législation

L'adoption de certaines lois peut entraîner une augmentation importante du volume de travail confié aux chimistes. Des lois plus sévères dans le domaine de l'environnement, par exemple, font augmenter la demande de tests et de planification de travaux pour le traitement des eaux usées dans les entreprises manufacturières et agricoles, l'assainissement des eaux dans les municipalités, le contrôle de la qualité dans les entreprises du secteur manufacturier, la décontamination des sols lors du changement de vocation des terrains, etc. Il en est de même du côté de l'adoption de normes en santé et sécurité au travail et en hygiène publique. Puisque les entreprises touchées par ces lois n'ont pas toujours le volume de travail et les possibilités d'encadrement nécessaires à l'embauche de leurs propres chimistes, elles font souvent appel à des firmes spécialisées pour effectuer ces travaux. Au cours des prochaines années, l'évolution de la législation devrait continuer à favoriser l'emploi dans cette profession. En plus, l'augmentation des pressions publiques en matière de salubrité et de protection de l'environnement, surtout à la suite de catastrophes écologiques, accentuera sûrement cette tendance.

Niveau des dépenses gouvernementales

L'évolution des dépenses gouvernementales joue aussi un grand rôle dans la demande de chimistes. Les compressions gouvernementales des années 1990 ont entraîné entre autres un ralentissement du financement des programmes d'assainissement des eaux et une pause, sinon une diminution, des mesures de contrôle environnemental. Il est fort possible que les mesures de réduction des dépenses gouvernementales adoptées par les gouvernements provincial et fédéral défavorisent aussi la croissance de l'emploi au cours des prochaines années.

Dans le secteur de la santé, on a observé une diminution du nombre de biochimistes cliniciens au cours de cette période de compressions. Compte tenu des besoins croissants dans les laboratoires médicaux découlant de l'augmentation prévue du nombre de tests de laboratoire, leur nombre s'est toutefois stabilisé depuis et devrait continuer à se maintenir au cours des prochaines années. Notons toutefois que les biochimistes cliniciens représentent seulement 2 % à 3 % des emplois dans cette profession.

Innovations technologiques et découvertes scientifiques

Les innovations technologiques et les découvertes scientifiques ont des effets opposés sur la demande de chimistes. D'un côté, elles l'influencent positivement en permettant d'étendre le champ de la recherche et du développement, et en rendant possibles des types d'analyses et de tests auparavant impossibles à réaliser. De l'autre, elles l'influencent négativement en automatisant de nombreuses fonctions, par exemple certains tests d'analyse. En plus d'accélérer le travail, cette automatisation permet aux technologues et techniciens en chimie (voir 2211) de réaliser certains travaux auparavant confiés à des chimistes.

Fabrication de produits chimiques

Cette industrie a connu un fort taux de croissance dans la deuxième moitié des années 1990, tant sur le marché local que grâce à ses exportations. Cette croissance s'est manifestée aussi bien du côté de la fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments, qui représentait en 2014 environ 21 % de la valeur de la production et 33 % des emplois, que du côté des autres secteurs de cette industrie (produits chimiques de base, résines et caoutchouc synthétique, fibres synthétiques, pesticides et engrais, peintures, produits de toilette, etc.).

Les investissements des entreprises ont atteint des sommets en 2001 et 2002. Ces investissements, tant en construction de nouveaux établissements qu'en machines et équipements ont permis d'importants gains de productivité, et ce, dans tous les secteurs de l'industrie. En conséquence, la valeur des livraisons et des exportations a continué à augmenter à un bon rythme entre le tournant du siècle et 2006, mais l'emploi a connu une baisse importante (entre 5 et 10 %). À partir de 2003, la hausse du dollar canadien et la concurrence internationale ont rendu les entreprises plus prudentes. La valeur des investissements a alors chuté, surtout du côté de la construction de nouveaux établissements (baisse de près de 80 % entre 2001 et 2014). Conséquence de tous ces mouvements et de la récession de 2008-2009, l'emploi et la production ont diminué de 20 % à 25 % entre 2006 et 2014.

Les perspectives pour les prochaines années semblent assez mitigées. Tout d'abord, la forte baisse des investissements en construction de nouveaux établissements ne laisse présager rien de bon. Ensuite, le secteur de la fabrication de produits pharmaceutiques, un des moteurs principaux de la croissance de cette industrie dans les années 1990, a connu récemment des fermetures et des mises à pied qui semblent montrer que la période de croissance est maintenant derrière nous. Par contre, la diminution récente du prix du pétrole et la baisse de la valeur du dollar canadien qui s'en est suivie laissent un espoir de croissance. On s'attend en conséquence à ce que le nombre d'emplois dans l'industrie de la fabrication de produits chimiques se maintienne ou n'augmente que légèrement au cours des prochaines années.

Même si les perspectives mitigées de l'industrie de la fabrication de produits chimiques atténueront les effets positifs des autres facteurs qui influencent l'emploi dans cette profession, on prévoit que le nombre de chimistes augmentera légèrement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements et de l'Enquête nationale auprès des ménages, les femmes occupaient environ 43 % des postes dans cette profession en 2011, proportion en forte hausse depuis 1991 (27 %). Cette proportion devrait augmenter moins rapidement au cours des prochaines années, puisqu'elles représentent en moyenne la moitié des nouveaux diplômés en biochimie et en chimie, selon les données de l'enquête Relance du gouvernement provincial.

Études et formation

Pour exercer cette profession, il faut être membre de l'Ordre des chimistes du Québec. Les conditions d'admission à l'Ordre sont décrites sur son site Internet :

diplômés du Québec
diplômés hors Québec

La poursuite des études aux niveaux de la maîtrise et du doctorat représente un atout de plus en plus important.

La participation à des activités de formation continue est essentielle dans cette profession.

Références

Considérations importantes

Le nombre de chimistes devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.

La maîtrise en chimie ou en biochimie devient graduellement la norme pour pouvoir accéder à cette profession. En plus, le doctorat est exigé pour certains postes.

Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail

Les indicateurs de taux de croissance, variation annuelle d'emploi, d'érosion annuelle et des besoins annuels totaux sont des prévisions générées par des économistes de Service Canada, région du Québec.

Indicateurs et prévisions pour le marché du travail
CNP 2112 Ensemble des professions
Emploi, moyenne 2012-2014 3 450 4 042 150
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2014 50 80 500
Taux de croissance annuel de 2015 à 2019 0,8 % 0,5 %
Variation annuelle d'emploi de 2015 à 2019 25 22 000
Érosion annuelle de 2015 à 2019 70 83 800
Besoins annuels totaux de 2015 à 2019 95 105 800

Remarque : Toutes les données sont arrondies.

Sources : Statistique Canada – Enquête sur la population active (EPA),
Emploi et Développement social Canada (EDSC) – Données administratives

Principaux secteurs d'emploi

Les répartitions par secteur ont été préparées par des économistes de Service Canada, région du Québec.

Principaux secteurs d'emploi
Secteur CNP 2112
Fabrication 34,6 %
fabrication de produits chimiques 23,5 %
Services professionnels, scientifiques et techniques 28,0 %
autres services professionnels, scientifiques et techniques 22,2 %
architecture, génie et services connexes 5,0 %
Administration publique 9,7 %
Soins de santé et assistance sociale 9,5 %
Commerce de gros 6,7 %
Universités 6,0 %

Source : Statistique Canada – Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011

Répartition de l'emploi selon certaines caractéristiques

Emploi selon certaines caractéristiques
CNP 2112 Ensemble des professions
Emploi selon le sexe
Hommes 56,6 % 51,9 %
Femmes 43,4 % 48,1 %
Emploi selon le groupe d'âge
15 - 24 ans 1,6 % 13,3 %
25 - 44 ans 62,7 % 42,7 %
45 - 64 ans 33,9 % 41,1 %
65 ans et plus 1,8 % 2,8 %
Emploi selon le statut
Plein temps 96,3 % 81,2 %
Temps partiel 3,7 % 18,8 %
Emploi selon le revenu annuel
À temps plein et à l'année 68,0 % 54,8 %
Revenu annuel moyen 68 600 $ 50 300 $
0 $ à 19 999 $ 3,0 % 13,3 %
20 000 $ à 49 999 $ 27,5 % 48,0 %
50 000 $ et plus 69,5 % 38,8 %
Emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint
Moins d'un DES 0,2 % 12,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 1,2 % 20,3 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 9,9 % 44,2 %
Baccalauréat et plus 88,7 % 23,4 %
Emploi selon la région économique
Abitibi-Témiscamingue 0,7 % 1,8 %
Bas-Saint-Laurent 0,7 % 2,3 %
Capitale-Nationale 8,6 % 9,4 %
Centre-du-Québec 1,1 % 2,9 %
Chaudière-Appalaches 3,3 % 5,5 %
Côte-Nord et Nord-du-Québec 0,3 % 1,6 %
Estrie 2,5 % 3,8 %
Gaspésie–îles-de-la-Madeleine 0,0 % 0,9 %
Lanaudière 3,6 % 6,1 %
Laurentides 4,8 % 7,3 %
Laval 7,6 % 5,2 %
Mauricie 1,7 % 3,0 %
Montérégie 22,7 % 19,2 %
Montréal 37,6 % 22,9 %
Outaouais 2,0 % 4,9 %
Saguenay–Lac-Saint-Jean 2,8 % 3,3 %
Autres répartitions d'emploi
Travail autonome 3,0 % 10,7 %
Immigration 32,6 % 13,7 %

Source : Statistique Canada – Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011

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