Emploi-Avenir Québec - CNP 4169

Scénario 2015-2019 Choisir une profession

Autres professionnels/professionnelles des sciences sociales (CNP 4169)

Sur cette page

Nature du travail

Ce groupe comprend les professionnels des sciences sociales, soit les anthropologues, les archéologues, les géographes, les historiens, les linguistes, les politicologues, les sociologues et autres professionnels des sciences sociales non classés ailleurs.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession , il suffit de consulter le site de la Classification nationale des professions (CNP 2006).

Exemples de titres professionnels

  • anthropologue
  • archéologue
  • criminologues
  • géographe
  • gérontologue
  • historien
  • linguiste
  • politicologue
  • psychométricien
  • sociologue

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables. Ce verdict est lié aux perspectives moyennes d'emploi des spécialités qui sont comprises dans cette profession. En fait, les perspectives d'emploi des criminologues sont bonnes et celles des autres spécialités sont indéterminées. Il est en effet impossible de poser un verdict fiable sur les perspectives dans ces spécialités, car le nombre d'emplois qu'on y trouve au Québec n'est pas assez élevé.

(Mise à jour : mai 2016)

Au cours des années 1990, le nombre d'autres professionnels des sciences sociales a peu évolué. Les pertes d'emplois dans les secteurs publics et parapublics consécutives aux compressions budgétaires gouvernementales ont été compensées par une légère croissance dans les autres secteurs. Par la suite, la fin de la période de compressions budgétaires gouvernementales a permis une certaine reprise de l'emploi dans les secteurs publics et parapublics, reprise qui, jumelée à la poursuite de la croissance dans les autres secteurs, a résulté en une légère croissance du nombre d'autres professionnels des sciences sociales. Cette tendance à la hausse légère de l'emploi devrait se maintenir au cours des prochaines années, quoique les compressions budgétaires gouvernementales annoncées puissent réduire l'ampleur de cette hausse.

Précision

Les statistiques et l'analyse de cette profession portent sur les travailleurs qui exécutent les tâches mentionnées à la section Nature. Elles ne touchent pas tous les diplômés universitaires des disciplines qui permettent d'accéder à cette profession, même si ces derniers sont nombreux à s'identifier avec des titres professionnels qui y sont reliés (sociologues, géographes, historiens, etc.). Par exemple, les professeurs et enseignants des domaines liés à cette profession ne font pas partie des "autres professionnels des sciences sociales", mais plutôt des enseignants du niveau collégial (voir 4131) et des professeurs d'université (voir 4121).

Source des débouchés

L'augmentation de l'emploi prévue dans cette profession ne créera qu'un petit nombre de débouchés, compte tenu de son volume d'emploi relativement peu élevé. En plus, ces débouchés seront répartis dans une dizaine de spécialités bien particulières (voir la section Titres). D'autres débouchés, plus nombreux, proviendront des postes qui seront libérés par les professionnels qui prendront leur retraite. En effet, la proportion de ces professionnels âgés de 55 ans et plus était en 2011 un peu plus élevée que dans l'ensemble des professions (22 % par rapport à 18 %, selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages).

La formation et l'expérience des professionnels des sciences sociales permettent souvent d'accéder à d'autres professions dans une foule de secteurs d'activité, mais surtout à celles d'experts-conseils et recherchistes pour l'administration publique, d'enseignants au niveau collégial et de professeurs d'université.

Bassin de main-d'œuvre

Ces débouchés seront accessibles aux diplômés universitaires des disciplines qui permettent d'accéder à cette profession (anthropologie, humanités gréco-latines et archéologie classique, criminologie, ethnologie et ethnographie, géographie, histoire, linguistique et sociologie), aux personnes qui possèdent la formation nécessaire tout en travaillant dans d'autres professions et aux professionnels des sciences sociales en chômage. Notons en plus qu'un certain nombre de débouchés seront pourvus par des immigrants qui satisfont aux conditions d'accès à la profession, même si la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2011 légèrement moins élevée que dans l'ensemble des professions (11 % par rapport à 14 %, selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages).

La plupart des programmes universitaires qui permettent d'accéder à cette profession attirent beaucoup plus de candidats que le marché du travail peut en absorber. Reflet de ce constat, la situation sur le marché du travail des diplômés de ces programmes, à l'exception de la criminologie, est beaucoup moins bonne que celle de la moyenne des diplômés universitaires, selon les données de l'enquête Relance du gouvernement provincial : taux de placement moins élevé, taux de chômage plus élevé, salaire beaucoup moins élevé, proportion de diplômés qui travaillent dans un emploi relié à leur formation très faible, proportion de ceux qui poursuivent leurs études environ le double que dans les autres formations universitaires, etc. En plus, seule une faible minorité des diplômés de ces formations se trouvent dans la présente profession. En effet, les universités forment en moyenne 1 800 diplômés du baccalauréat et de la maîtrise à chaque année, tandis qu'on estime à environ 65 les besoins totaux dans cette profession (voir la section Statistiques). Même en ajoutant les emplois occupés dans les autres professions reliées à ces formations, dont l'enseignement, à peine 20 % des diplômés de 2011 du baccalauréat qui étaient en emploi en 2013 et environ 70 % de ceux de la maîtrise considéraient leur emploi relié à leur domaine de formation. Notons toutefois que la situation sur le marché du travail des diplômés de la maîtrise est meilleure que celle des diplômés du baccalauréat, mais demeure nettement inférieure à celle de l'ensemble des diplômés de la maîtrise. Il serait étonnant que la piètre situation sur le marché du travail des diplômés de ces programmes s'améliore au cours des prochaines années.

Cela dit, les programmes universitaires en sciences humaines et sociales ne visent pas aussi directement des professions spécifiques que ceux en santé et en sciences appliquées (génie, architecture, informatique, etc.). Ils attirent de nombreux étudiants par intérêt pour ces disciplines, et non seulement en raison des perspectives d'emploi. Certaines études semblent démontrer que la culture et les compétences génériques acquises dans le cadre de ces programmes (aptitudes à la communication, raisonnement analytique, etc.) permettent à moyen terme aux diplômés en sciences humaines et sociale un accès au marché du travail tout à fait comparable avec celui des diplômés en sciences appliquées et en santé. Par exemple, l'étude de Statistique Canada intitulée "Les diplômés en sciences humaines et sociales et le marché du travail" parue en 2001 montre que le taux de chômage est plus élevé chez les jeunes diplômés en sciences humaines et sociales que chez les diplômés en sciences appliquées et en santé, mais qu'il est moins élevé chez les diplômés âgés de 45 ans et plus. De même, le salaire des diplômés en sciences humaines et sociales est beaucoup moins élevé chez les jeunes diplômés, mais plus élevé chez les diplômés âgés de 45 ans et plus.

Les données de l'Enquête nationale auprès des ménages vont dans le même sens. Ainsi, si le taux d'emploi des diplômés d'un ensemble de domaines liés aux lettres, aux arts, aux sciences humaines et aux sciences sociales est plus faible que celui des diplômés en informatique, en génie et dans le secteur de la santé chez les personnes âgées de 15 à 34 ans, il lui est à peu près égal chez celles âgées de 45 à 64 ans. De même, le taux de chômage des diplômés du premier groupe est plus élevé que celui du deuxième chez les 15-34 ans, mais il est à peu près égal chez les 45-64 ans.

La situation des diplômés du baccalauréat en criminologie est, elle, comparable à celle de l'ensemble des diplômés universitaires. Cela dit, de 2001 à 2013, à peine 10 % des diplômés du baccalauréat et de la maîtrise en criminologie travaillaient comme criminologues un an et demi après la fin de leurs études. On les trouvait dans une vaste gamme de professions, surtout dans le domaine des sciences sociales. Plus de la moitié d'entre eux occupaient des postes de travailleurs communautaires (voir 4212) ou d'agents de probation et de libération conditionnelle (voir 4155). Il semble donc que l'accès à des postes de criminologue passe par une expérience dans des postes liés à ce domaine.

Pour consulter les résultats précis par discipline et par type de diplôme, on peut se rendre sur le site Internet de la Relance à l'université (http://www.education.gouv.qc.ca/references/statistiques/statistiques-de-lenseignement-superieur/enquetes-relance/).

Industries

Selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages, environ 42 % des autres professionnels des sciences sociales travaillaient en 2011 dans l'administration publique, 23 % dans les services professionnels, scientifiques et techniques, 10 % dans le secteur de la santé et de l'assistance sociale et 6 % dans les services d'enseignement.

Tendances

Comme plus de la moitié des autres professionnels des sciences sociales travaillent dans les secteurs publics et parapublics, ils ont été durement touchés par les compressions budgétaires gouvernementales au cours des années 1990. La fin de ces compressions a permis par la suite une certaine reprise de l'embauche dans ces secteurs. Par exemple, le financement gouvernemental pour la recherche et le développement en sciences sociales et humaines a presque triplé en termes réels (en tenant compte de l'inflation) entre 1997-1998 et 2013-2014. Si cette augmentation a profité en premier lieu aux activités de recherche des professeurs d'université (voir 4121), elle a aussi favorisé l'emploi des membres de cette profession.

Au cours des prochaines années, l'évolution des pratiques de gestion en matière d'évaluation quantitative des politiques gouvernementales devrait stimuler la demande de travaux de mesures d'impacts sociaux. Par contre, les compressions budgétaires gouvernementales annoncées devraient limiter grandement les possibilités de croissance de l'emploi dans le secteur public. Du côté du secteur privé, ces professionnels bénéficieront de la législation et de la sensibilisation accrue du public sur les impacts environnementaux, économiques, sociaux et culturels des grands projets industriels et gouvernementaux. Dans ce type de travaux, ils doivent s'intégrer à des équipes multidisciplinaires comprenant entre autres des ingénieurs, des urbanistes, des architectes, des économistes, des cartographes et des analystes financiers.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que leur nombre augmentera légèrement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements et de l'Enquête nationale auprès des ménages, les femmes occupaient environ 56 % des postes dans cette profession en 2011, proportion en légère hausse depuis 1991 (48 %). La disparité dans les conditions de travail des membres de cette profession se reflète dans les données présentées dans la section "Caractéristiques" des "Statistiques". Ainsi, la donnée sur le revenu moyen d'emploi (58 327 $) ne concerne que les 57 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2010. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année ne s'élevait qu'à 27 770 $. Le niveau de scolarité de ces professionnels est nettement plus élevé que dans les autres professions. En effet, près de la moitié (47 %) des membres de cette profession possédaient en 2011 une scolarité supérieure au baccalauréat, par rapport à 8 % pour l'ensemble des professions.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, il faut être titulaire d'au moins un baccalauréat dans une discipline pertinente. Sauf en criminologie où le baccalauréat suffit habituellement, la maîtrise ou même le doctorat sont de plus en plus exigés.

Les disciplines universitaires qui permettent d'accéder aux différentes spécialités de cette profession sont :

  • anthropologie
  • humanités gréco-latines et archéologie classique
  • criminologie
  • ethnologie et ethnographie
  • géographie
  • histoire
  • linguistique et
  • sociologie

Pour accéder à la profession de criminologue et utiliser le titre de criminologue, un titre ou une abréviation pouvant laisser croire qu'il l'est, ou s'attribuer des initiales pouvant laisser croire qu'il l'est, il faut habituellement être membre de l'Ordre des criminologues du Québec. Les conditions d'admission à l'Ordre sont décrites sur son site Internet.

Références

Considérations importantes

Le nombre d'autres professionnels des sciences sociales devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années. Cette croissance variera énormément selon les professions incluses dans ce groupe professionnel. Compte tenu du volume d'emploi relativement peu élevé, cette croissance ne générera pas beaucoup de débouchés.

La situation sur le marché du travail des diplômés des disciplines qui permettent d'accéder à cette profession est beaucoup moins bonne que celle de la moyenne des diplômés universitaires, sauf en criminologie.

Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail

Les indicateurs de taux de croissance, variation annuelle d'emploi, d'érosion annuelle et des besoins annuels totaux sont des prévisions générées par des économistes de Service Canada, région du Québec.

Indicateurs et prévisions pour le marché du travail
CNP 4169 Ensemble des professions
Emploi, moyenne 2012-2014 2 250 4 042 150
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2014 15 80 500
Taux de croissance annuel de 2015 à 2019 0,6 % 0,5 %
Variation annuelle d'emploi de 2015 à 2019 15 22 000
Érosion annuelle de 2015 à 2019 50 83 800
Besoins annuels totaux de 2015 à 2019 65 105 800

Remarque : Toutes les données sont arrondies.

Sources : Statistique Canada – Enquête sur la population active (EPA),
Emploi et Développement social Canada (EDSC) – Données administratives

Principaux secteurs d'emploi

Les répartitions par secteur ont été préparées par des économistes de Service Canada, région du Québec.

Principaux secteurs d'emploi
Secteur CNP 4169
Administration publique 41,6 %
provinciale 17,0 %
fédérale 15,4 %
locale 9,1 %
Services professionnels, scientifiques et techniques 22,7 %
autres services professionnels, scientifiques et techniques 14,9 %
architecture, génie et services connexes 5,0 %
Soins de santé et assistance sociale 10,1 %
Services d'enseignement 6,0 %

Source : Statistique Canada – Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011

Répartition de l'emploi selon certaines caractéristiques

Emploi selon certaines caractéristiques
CNP 4169 Ensemble des professions
Emploi selon le sexe
Hommes 44,2 % 51,9 %
Femmes 55,8 % 48,1 %
Emploi selon le groupe d'âge
15 - 24 ans 8,6 % 13,3 %
25 - 44 ans 49,1 % 42,7 %
45 - 64 ans 37,1 % 41,1 %
65 ans et plus 5,2 % 2,8 %
Emploi selon le statut
Plein temps 81,5 % 81,2 %
Temps partiel 18,5 % 18,8 %
Emploi selon le revenu annuel
À temps plein et à l'année 56,8 % 54,8 %
Revenu annuel moyen 58 300 $ 50 300 $
0 $ à 19 999 $ 5,1 % 13,3 %
20 000 $ à 49 999 $ 26,4 % 48,0 %
50 000 $ et plus 68,5 % 38,8 %
Emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint
Moins d'un DES 0,6 % 12,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 0,9 % 20,3 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 9,2 % 44,2 %
Baccalauréat et plus 89,3 % 23,4 %
Emploi selon la région économique
Abitibi-Témiscamingue 0,9 % 1,8 %
Bas-Saint-Laurent 0,6 % 2,3 %
Capitale-Nationale 18,8 % 9,4 %
Centre-du-Québec 0,0 % 2,9 %
Chaudière-Appalaches 4,9 % 5,5 %
Côte-Nord et Nord-du-Québec 1,2 % 1,6 %
Estrie 0,9 % 3,8 %
Gaspésie–îles-de-la-Madeleine 0,0 % 0,9 %
Lanaudière 3,4 % 6,1 %
Laurentides 4,0 % 7,3 %
Laval 3,1 % 5,2 %
Mauricie 4,0 % 3,0 %
Montérégie 15,4 % 19,2 %
Montréal 25,9 % 22,9 %
Outaouais 13,6 % 4,9 %
Saguenay–Lac-Saint-Jean 3,1 % 3,3 %
Autres répartitions d'emploi
Travail autonome 13,1 % 10,7 %
Immigration 10,7 % 13,7 %

Source : Statistique Canada – Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011

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