Emploi-Avenir Québec - CNP 5133

Choisir une profession

Musiciens/musiciennes et chanteurs/chanteuses (CNP 5133)

Scénario 2014-2018

Nature du travail

Ce groupe de base comprend les musiciens, les chanteurs et les professeurs de musique et de chant.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession selon la Classification nationale des professions (CNP 2006), il suffit de consulter le site de la CNP.

Exemples de titres professionnels

  • accompagnateur
  • artiste de studio d'enregistrement
  • chanteur d'opéra
  • chanteur
  • guitariste
  • instrumentiste
  • musicien
  • organiste au service du culte
  • percussionniste
  • professeur de musique
  • rockeur
  • vocaliste

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont acceptables.

(Mise à jour : juin 2015)

Au cours des dernières années, le nombre de musiciens et chanteurs a augmenté de façon notable. L'augmentation des dépenses de consommation, la popularité croissante des cours de musique et de chant, et la diversification des modes de diffusion expliquent cette augmentation. Constatant un certain plafonnement dans cette tendance, le nombre de musiciens et chanteurs ne devrait augmenter que légèrement au cours des prochaines années.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu du taux de roulement relativement élevé dans cette profession. En effet, si les postes d'enseignants et de musiciens salariés sont assez stables, le nombre de musiciens et chanteurs qui quittent cette profession en raison de la précarité des emplois est tout de même élevé. En plus, d'autres débouchés s'ajouteront en raison des besoins de remplacement des musiciens et chanteurs qui prendront leur retraite et, dans une bien moindre mesure, de l'augmentation de l'emploi.

Comme bien des professions du domaine des arts, le phénomène du cumul d'emplois est fréquent. Ils sont en effet très nombreux à occuper toutes sortes d'emplois pour combler les périodes d'inactivité et les revenus souvent insuffisants de leurs activités dans cette profession. Enfin, d'autres musiciens et chanteurs quitteront cette profession pour d'autres professions du milieu des arts, par exemple des postes administratifs, de producteurs (voir 5131), d'arrangeurs, de compositeurs, de chefs d'orchestre (voir 5132), de gérants ou de directeurs des arts du spectacle (voir 0512). S'ils possèdent la formation suffisante, ils peuvent aussi accéder à des postes d'enseignants aux niveaux collégial (voir 4131) et de professeurs d'université (voir 4121). Notons également que le phénomène du cumul d'emplois se retrouve aussi fréquemment à l'intérieur même de cette profession, par exemple salarié pour un orchestre, musicien à la pige pour des réceptions ou des spectacles, et professeur de musique à domicile ou dans une école de musique.

Bassin de main-d'œuvre

Un certain nombre de débouchés seront accessibles aux titulaires de diplômes collégiaux et surtout universitaires en musique. Par exemple, le diplôme universitaire en musique est habituellement essentiel pour accéder à des postes de musiciens professionnels dans les orchestres symphoniques et est souvent exigé pour les postes d'enseignants dans les écoles de musique. D'autres débouchés seront pourvus par des musiciens et chanteurs expérimentés qui sont relativement nombreux en chômage ou dans des emplois qu'ils occupent temporairement en attendant des emplois ou des contrats dans le domaine de la musique et du chant. D'autres le seront par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, la proportion d'immigrants dans cette profession était en 2011 semblable à celle observée dans l'ensemble des professions (13 % par rapport à 14 %, selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages). Finalement, d'autres débouchés seront pourvus par des autodidactes qui ont parfois suivi des formations privées qui ne débouchent pas nécessairement sur des diplômes reconnus. Reflet de ce phénomène, seulement 54 % des membres de cette profession étaient titulaires d'un diplôme postsecondaire dans le domaine des arts visuels et d'interprétation (qui comprend la musique et le chant) en 2011, selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages.

Comme on peut le constater, cette profession attire énormément de candidats. Il s'agit en effet d'une profession qui donne une image positive, tout en laissant la place à une créativité gratifiante. La concurrence est toutefois féroce. Cette concurrence se reflète de bien des façons. Par exemple, selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011, environ 46 % des musiciens et chanteurs ont eu un revenu d'emploi inférieur à 10 000 $ en 2010, proportion trois fois plus élevée que pour l'ensemble des professions (15 %), et ce, malgré un niveau de scolarité beaucoup plus élevé.

La situation sur le marché du travail des diplômés des formations collégiales et universitaires démontre elle aussi le haut niveau de concurrence dans cette profession. Ainsi, selon l'enquête Relance du gouvernement provincial, la majorité des titulaires du diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques professionnelles de musique et chanson décident de poursuivre leurs études à l'université. La faible minorité qui trouve un emploi relié à sa formation doit se contenter d'un salaire nettement plus faible que la moyenne des diplômés de la formation technique. En fait, cette formation semble plus servir de passerelle pour accéder à la formation universitaire en musique que pour accéder à des emplois de musiciens et chanteurs. Malgré ces résultats décevants, le nombre de débutants à ce programme a augmenté d'environ 75 % entre 2000-2001 et 2006-2007, passant d'environ 160 à 280, avant de se replier graduellement jusqu'à 210 en 2013-2014.

Selon la même enquête, la situation sur le marché du travail des diplômés universitaires en musique est meilleure, mais demeure beaucoup moins reluisante que celle de la moyenne des diplômés universitaires, tant au plan du taux de placement en emploi relié à la formation qu'au plan du salaire obtenu. En plus, une forte proportion de ces emplois reliés sont dans des postes d'instructeurs, d'enseignants et de professeurs. Cette observation n'est pas vraiment étonnante, puisque ce programme permet d'obtenir une autorisation d'enseigner.

Industries

Selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages, environ 53 % des musiciens et chanteurs travaillaient en 2011 dans l'industrie des arts d'interprétation, sports-spectacles et activités connexes, répartis entre les compagnies d'arts d'interprétation (37 %) et les interprètes indépendants (14 %). Environ 30 % d'entre eux exerçaient leur profession dans des écoles des beaux-arts, industrie qui comprend les professeurs de chant et de musique exerçant à leur compte.

Tendances

L'évolution du nombre d'emplois dans cette profession dépend des tendances qui influencent l'industrie des arts d'interprétation, sports-spectacles et activités connexes, le nombre de représentations de musique et de chanson francophone, l'enseignement de la musique et du chant, et l'évolution de la technologie.

Industrie des arts d'interprétation

Jusqu'en 2005, l'emploi dans cette profession a bénéficié de la croissance des dépenses de consommation dans le secteur des loisirs. La part des dépenses de consommation dans les loisirs (après impôt) est en effet passée de 5,4 % en 1982 à 8,3 % en 2005, avant de se replier à 6,6 % en 2013. Une portion importante de ces dépenses a favorisé l'emploi dans l'industrie des arts d'interprétation. Notons que cette profession est la plus importante dans cette industrie. Selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011, près de 15 % des emplois dans cette industrie étaient occupés par des musiciens et chanteurs.

Malgré la concurrence croissante des formes de divertissements à domicile (jeux vidéo, multiplication des chaînes spécialisées, vidéos, etc.), l'industrie des arts d'interprétation a connu une certaine croissance au cours des dernières années. La grande popularité des nombreux festivals qui se tiennent au Québec n'est sûrement pas étrangère à cette croissance. Cette tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années.

Représentations de musique et de chanson francophone

Selon l'étude "La diffusion des arts de la scène, 1989-1990, 1993-1994 et 1997-1998" du ministère de la Culture et des Communications, le nombre de représentations de musique et de chanson francophone a augmenté légèrement au cours de cette période. Des données plus récentes de l'Institut de la statistique du Québec montrent que cette tendance s'est maintenue entre cette période et 2007, mais s'est inversée entre 2007 et 2011 avec une baisse notable avant de remonter entre 2011 et 2013. Si l'assistance des spectacles de musique s'est à peu près maintenue au cours de cette période, l'assistance aux spectacles de chanson francophone a diminué de près de 25 % entre son sommet de 2006 et 2013. En plus, les musiciens et chanteurs du Québec subissent la forte concurrence des artistes étrangers dans ce domaine et dans celui de la vente de disques.

Enseignement de la musique et du chant

S'il n'y a pas eu de croissance du côté des spectacles au cours des dernières années, il faut noter l'augmentation très nette du nombre de musiciens et chanteurs qui enseignent, selon les données de l'Enquête sur la population active de Statistique Canada. Ainsi, la proportion d'entre eux travaillant surtout dans le secteur de l'enseignement est passée d'environ 30 % au début du siècle à environ 50 % de 2010 à 2014. Ces emplois d'enseignants comprennent les postes dans les écoles de musique ainsi que les musiciens et chanteurs qui donnent des cours à domicile, mais pas les postes des enseignants et des professeurs de musique et de chant dans les commissions scolaires, les cégeps et les universités (voir respectivement 4141, 4131 et 4121). Cette tendance dans le secteur de l'enseignement devrait continuer à bénéficier aux musiciens et chanteurs au cours des prochaines années.

Évolution de la technologie

L'utilisation de moyens électroniques de production de musique tend à faire diminuer la demande de musiciens, tant dans les studios que lors de spectacles. Dans les studios, cette baisse de la demande s'explique surtout par la numérisation de la musique. Dans les spectacles, on observe une croissance importante de l'utilisation de synthétiseurs et même de musique préenregistrée.

Diffusion de musique par Internet

L'utilisation croissante de la diffusion de musique par Internet a des effets opposés. D'un côté, il devient plus difficile de percevoir les droits d'auteur, historiquement la première source de revenus pour les musiciens et chanteurs. En plus, ce mode de diffusion gagnant en importance, il entraîne une forte baisse de la vente d'enregistrements sur des supports physiques (disques compacts, cassettes, disques en vinyle et enregistrements vidéo), baisse non compensée par la croissance de la vente d'albums numériques. Selon les données de l'Institut de la statistique du Québec, le nombre d'enregistrements numériques vendus fut environ 25 fois plus élevé en 2014 qu'en 2005, tandis que le nombre d'enregistrements sur supports physiques a diminué de plus de 55 %. Au total, le nombre d'albums sur supports physiques et d'équivalents-albums numériques (nous avons calculé qu'un équivalent-album compte 10 ventes à l'unité) a diminué de plus de 30 % au cours de cette période.

De l'autre côté, la diffusion de musique par Internet permet une accessibilité beaucoup plus grande de leurs œuvres, surtout celles des nouveaux artistes. De nombreux artistes comptent d'ailleurs maintenant plus sur les revenus de leurs tournées et surtout sur la vente de produits dérivés (chandails, casquettes, etc.) que sur la vente de disques compacts et d'enregistrements numériques pour vivre de leur art. Il est toutefois difficile d'évaluer précisément l'impact à long terme de ces tendances opposées.

Compte tenu de l'ensemble de ces facteurs, on prévoit que le nombre de musiciens et chanteurs n'augmentera que légèrement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Comme de nombreux musiciens et chanteurs doivent cumuler des emplois pour gagner leur vie, il est important de souligner que les données de la section "Caractéristiques" des "Statistiques" ne concernent que les personnes dont la principale profession était musicien ou chanteur lors de la semaine où s'est tenue l'Enquête nationale auprès des ménages en 2011 ou lors des semaines de références de l'Enquête (mensuelle) sur la population active (EPA). Elles ne touchent pas les nombreux chanteurs et musiciens qui exerçaient une autre profession lors de ces semaines. Les données sur ces personnes sont plutôt comprises dans les professions qu'elles occupaient à ce moment.

En plus, la donnée sur le revenu annuel d'emploi (24 059 $) ne concerne que les 21 % des membres de cette profession qui travaillaient à temps plein et à l'année en 2010. Le revenu moyen d'emploi de ceux qui ne travaillaient pas à temps plein et à l'année ne s'élevait qu'à 14 770 $. Il faut aussi comprendre que ces revenus incluent les sommes reçues en occupant des emplois dans d'autres professions l'année précédant l'Enquête nationale auprès des ménages. Notons en plus qu'ils sont souvent payés au moyen de cachets qui ne leur permettent pas de toucher de prestations d'assurance-emploi quand ils sont sans travail. D'ailleurs, plus de la moitié (58 %) des musiciens et chanteurs étaient travailleurs autonomes en 2011, proportion cinq fois plus élevée que dans l'ensemble des professions (11 %).

Autre reflet de la précarité de l'emploi dans cette profession, environ 56 % d'entre eux travaillaient surtout à temps partiel en 2010 par rapport à 19 % dans l'ensemble des professions. Mentionnons également que les femmes occupaient environ 38 % des postes dans cette profession en 2011, proportion en baisse légère depuis 1991 (43 %). Chez les enseignants salariés, on observe un certain chômage saisonnier de juin à août. Ainsi, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est de quatre à dix fois plus élevé en août que de septembre à mai.

Études et formation

Pour accéder à cette profession, une formation en musique de niveau collégial, universitaire ou en enseignement privé représente un atout important. Le diplôme d'études collégiales (DEC) en techniques professionnelles de musique et chanson et surtout le baccalauréat et la maîtrise en musique sont les programmes de formation les plus pertinents.

Pour les professionnels de la musique classique, chanteurs et musiciens, un diplôme d'études universitaires en musique est habituellement requis. Ce diplôme est aussi souvent exigé pour les enseignants dans les écoles de musique.

Les aptitudes démontrées à l'occasion d'une audition constituent un critère important d'embauche ou d'engagement, et peuvent même pallier la formation en milieu scolaire.

Références

Considérations importantes

Le nombre de musiciens et chanteurs ne devrait augmenter que légèrement au cours des prochaines années.

Cette profession attire énormément de candidats. Ainsi, de nombreux musiciens et chanteurs doivent se contenter d'un revenu très modeste et cumuler des emplois pour gagner leur vie.

Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail

Dans le tableau suivant, les indicateurs de taux de croissance, variation annuelle d'emploi, d'érosion annuelle et des besoins annuels totaux sont des prévisions générées par des économistes de Service Canada, région du Québec. Pour l'emploi la source des données est de Statistique Canada, Enquête sur la population active (EPA). Les volumes des bénéficiaires d'assurance-emploi proviennent des données administratives d'Emploi et Développement social Canada (EDSC). Toutes ces données sont arrondies.

Indicateurs et prévisions pour le marché du travail
CNP 5133 Ensemble des professions
Emploi, moyenne 2011-2013 7 550 3 990 050
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2013 10 80 700
Taux de croissance annuel de 2014 à 2018 0,4 % 0,7 %
Variation annuelle d'emploi de 2014 à 2018 30 26 500
Érosion annuelle de 2014 à 2018 150 74 300
Besoins annuels totaux de 2014 à 2018 180 100 800

Répartition de l'emploi

Emploi selon certaines caractéristiques

Les données des tableaux de répartition d'emploi qui suivent proviennent de Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011.

Emploi selon certaines caractéristiques
CNP 5133 Ensemble des professions
Emploi selon le sexe
Hommes 61,9 % 51,9 %
Femmes 38,1 % 48,1 %
Emploi selon le groupe d'âge
15 - 24 ans 13,3 % 13,3 %
25 - 44 ans 50,2 % 42,7 %
45 - 64 ans 32,7 % 41,1 %
65 ans et plus 3,8 % 2,8 %
Emploi selon le statut
Plein temps 43,9 % 81,2 %
Temps partiel 56,1 % 18,8 %
Emploi selon le revenu annuel
À temps plein et à l'année 21,4 % 54,8 %
Revenu annuel moyen 24 100 $ 50 300 $
0 $ à 19 999 $ 64,2 % 13,3 %
20 000 $ à 49 999 $ 28,8 % 48,0 %
50 000 $ et plus 7,0 % 38,8 %
Emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint
Moins d'un DES 4,1 % 12,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 18,0 % 20,3 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 30,0 % 44,2 %
Baccalauréat et plus 47,9 % 23,4 %
Autres répartitions d'emploi
Travail autonome 58,2 % 10,7 %
Immigration 13,2 % 13,7 %

Emploi selon la région du Québec

Les données des tableaux de répartition d'emploi qui suivent proviennent de Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011.

Emploi selon la région du Québec
CNP 5133 Ensemble des professions
Abitibi-Témiscamingue 0,2 % 1,8 %
Bas-Saint-Laurent 1,6 % 2,3 %
Capitale-Nationale 10,5 % 9,4 %
Centre-du-Québec 2,3 % 2,9 %
Chaudière-Appalaches 1,8 % 5,5 %
Côte-Nord et Nord-du-Québec 0,2 % 1,6 %
Estrie 2,8 % 3,8 %
Gaspésie–îles-de-la-Madeleine 0,9 % 0,9 %
Lanaudière 4,2 % 6,1 %
Laurentides 6,1 % 7,3 %
Laval 3,7 % 5,2 %
Mauricie 1,7 % 3,0 %
Montérégie 11,8 % 19,2 %
Montréal 47,2 % 22,9 %
Outaouais 3,9 % 4,9 %
Saguenay–Lac-Saint-Jean 1,2 % 3,3 %

Principaux secteurs d'emploi

Les données du tableau suivant ont été préparées par des économistes de Service Canada, région du Québec. La source des données est de Statistique Canada, Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011.

Principaux secteurs d'emploi
Secteur CNP 5133
Artistes, auteurs et interprètes indépendants, et compagnies d'arts d'interprétation 52,6 %
Autres établissements d'enseignement et de formation (y compris les écoles de musique et de chant) 30,9 %
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