Emploi-Avenir Québec - CNP 5111

Scénario 2015-2019 Choisir une profession

Bibliothécaires (CNP 5111)

Sur cette page

Nature du travail

Les bibliothécaires choisissent, constituent, organisent et conservent les collections d'une bibliothèque et fournissent des services consultatifs aux clients.

Pour obtenir la description complète et officielle de cette profession , il suffit de consulter le site de la Classification nationale des professions (CNP 2006).

Exemples de titres professionnels

  • bibliographe
  • bibliothécaire
  • bibliothécaire-conseil
  • catalogueur
  • cyberthécaire
  • surveillant de bibliothèque

Perspectives

Les perspectives d'emploi dans cette profession sont bonnes.

(Mise à jour : mai 2016)

Jusqu'en 2008, le nombre de bibliothécaires a diminué légèrement. Les changements technologiques expliquent en bonne partie cette baisse. Cette tendance s'est inversée en 2008, notamment en raison de l'entrée en vigueur du " Plan d'action sur la lecture à l'école " du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) qui a permis et permettra à l'avenir l'embauche d'un nombre appréciable de bibliothécaires. En conséquence, le nombre de bibliothécaires devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années. Les compressions budgétaires gouvernementales pourraient toutefois inverser cette tendance.

Source des débouchés

Les débouchés proviendront en premier lieu des bibliothécaires qui libéreront leur poste en raison de la retraite. En effet, l'âge moyen des bibliothécaires est nettement plus élevé que celui de l'ensemble des travailleurs. D'ailleurs, la proportion de bibliothécaires âgés de 55 ans et plus était en 2011 beaucoup plus élevée que dans l'ensemble des professions (25 % par rapport à 18 %, selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages). En plus, quelques débouchés s'ajouteront en raison de promotions à un poste de direction et de l'augmentation de l'emploi.

La formation et l'expérience des bibliothécaires leur permettent d'accéder à des postes dans diverses professions du monde de l'information : archiviste, recherchiste, gestionnaire de l'information, concepteur de produits multimédias et de sites Internet et intranets, formateur, etc.

Bassin de main-d'œuvre

Les débouchés seront accessibles en premier lieu aux diplômés de la formation universitaire et, dans une moindre mesure, à des bibliotechniciens (voir 5211) expérimentés. Peu de postes seront pourvus par des bibliothécaires en chômage, puisque le taux de chômage est relativement faible dans cette profession. Un certain nombre de débouchés devraient être pourvus par des immigrants qui satisfont aux exigences de la profession. En effet, la proportion d'immigrants était en 2011 un peu plus élevée dans cette profession que dans l'ensemble des professions (16 % par rapport à 14 %, selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages).

Malgré le nombre relativement limité de débouchés, le taux de placement et le taux de chômage des diplômés de la maîtrise en sciences de l'information (bibliothéconomie) se comparent avantageusement à ceux des autres diplômés de la maîtrise, selon les données de l'enquête Relance du gouvernement provincial.

L'importance d'être titulaire d'une maîtrise pour accéder à cette profession se reflète dans les données de l'Enquête nationale auprès des ménages. En effet, près des trois quarts (71 %) des bibliothécaires possédaient en 2011 une scolarité supérieure au baccalauréat.

Industries

Selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages, environ 57 % des bibliothécaires travaillaient en 2011 dans des bibliothèques. On en retrouvait également en bon nombre dans les bibliothèques et centres de documentation du secteur de l'enseignement (21 %), en premier lieu dans les universités (18 %), et dans l'administration publique (10 %).

Tendances

L'évolution de l'emploi dans cette profession dépend principalement de la fréquentation des bibliothèques publiques, des changements technologiques, de l'organisation du travail, des décisions gouvernementales et de la demande d'information.

Bibliothèques publiques

La fréquentation des bibliothèques publiques varie en fonction de la popularité de la lecture de livres et de l'achat de livres. Selon les "Statistiques principales de la culture et des communications" de l'Institut de la statistique du Québec, la popularité de la lecture de livres a augmenté légèrement entre 1994 et 2004. Si la lecture de livres a subi les effets de la concurrence avec les activités récréatives (télévision, spectacles, sports et loisirs, Internet, jeux vidéo, etc.), elle a par contre bénéficié de la hausse de la scolarité de la population. Conséquence de ces deux facteurs, la popularité de la lecture de livres a crû énormément chez les personnes âgées de 55 ans et plus, est demeurée assez stable chez les personnes âgées de 25 à 54 ans et a diminué chez les jeunes âgés de moins de 25 ans, plus attirés par les activités récréatives. Ce constat laisse entrevoir une baisse de la popularité de la lecture de livres à moyen, sinon à long terme.

Malgré cette hausse de la popularité de la lecture de livres, la valeur en dollars constants de la vente de livres a diminué de façon notable entre 1994 et 2001, a augmenté passablement entre 2001 et 2007, avant de chuter entre 2007 et 2015 pour se retrouver à son niveau le plus bas depuis 1987, selon les données de l'institut de la statistique du Québec. Ainsi, une bonne proportion de la hausse de la popularité de la lecture de livres s'est davantage concrétisée par une augmentation de la fréquentation des bibliothèques que par une augmentation des ventes de livres. Depuis 1995, on observe en effet dans les bibliothèques publiques une croissance importante du nombre de prêts et d'employés, dont des bibliothécaires et des bibliotechniciens. Rien ne laisse penser que cette tendance se modifiera au cours des prochaines années.

Changements technologiques

Les changements technologiques ont globalement défavorisé la demande dans cette profession et devraient continuer à la défavoriser au cours des prochaines années. En effet, les tâches traditionnelles des membres de cette profession sont grandement accélérées par l'informatisation des achats, des budgets, du catalogage et des activités d'emprunt, de retour et de réservation de livres. En outre, les bases de données informatisées permettent aux usagers de trouver facilement par eux-mêmes les documents recherchés. Cette tendance devrait se maintenir au cours des prochaines années.

Décisions gouvernementales et organisation du travail

Les dépenses liées aux bibliothèques provenant de l'administration publique québécoise ont diminué fortement entre 1994-1995 et 1999-2000 (baisse de plus de 4 % par année en tenant compte de l'inflation), surtout dans les bibliothèques scolaires (baisse de 6,5 % par année). Face aux pressions provenant autant du milieu scolaire que des milieux de la culture, de l'alphabétisation et des nouvelles technologies, ces dépenses sont ensuite reparties en hausse. Elles ont en effet augmenté en moyenne de près de 5 % par année en tenant compte de l'inflation entre 1999-2000 et 2011-2012 pour l'ensemble des bibliothèques et de près de 4 % par année pour les bibliothèques scolaires, avant de diminuer à nouveau en 2012-2013 et en 2013-2014. Compte tenu des compressions budgétaires gouvernementales, l'avenir est incertain de ce côté, quoique le secteur de la culture semble pour l'instant épargné par ces compressions.

Ainsi, si l'emploi des bibliothécaires s'est maintenu dans les bibliothèques publiques, il a diminué beaucoup dans le secteur de l'enseignement jusqu'en 2008. Les écoles, surtout au primaire, se reposaient souvent sur des bénévoles pour s'occuper de leur bibliothèque. Lorsqu'elles embauchaient du personnel, les écoles secondaires et les cégeps recrutaient de plus en plus de bibliotechniciens (voir 5211). Là aussi, l'avenir est incertain en raison des compressions budgétaires gouvernementales dans le secteur de l'éducation.

Demande d'information

Cette profession connaît des changements profonds qui permettent le développement de nouveaux créneaux d'intervention. Ces changements proviennent essentiellement de l'explosion de la demande et de la disponibilité de l'information de toutes sortes, surtout sur Internet, mais aussi sur des bases de données spécialisées. Pour pouvoir utiliser cette information de façon rapide et efficace, il faut savoir la trouver et l'organiser. La création de protocoles d'accès, de catalogues ou d'index pour des intranets ou pour Internet fournit donc de nouvelles possibilités de travail pour les bibliothécaires. On assiste en outre à l'apparition de "nouvelles" professions dans le milieu de l'information, dont certaines correspondent au groupe des bibliothécaires : courtiers d'information, formateurs en gestion de l'information, gestionnaires des connaissances, veilleurs stratégiques, "informationnistes", etc. Si certains aspects des tâches de ces spécialistes de l'information s'apparentent parfois plus à celles des administrateurs, des rédacteurs, des journalistes ou même parfois des informaticiens, l'émergence de ces professions offre à tout le moins aux bibliothécaires de nouvelles possibilités de mettre en valeur leurs compétences et leur permet de progresser dans leur carrière. Face à cette nouvelle demande, les bibliothécaires qui possèdent une formation dans des domaines tels que l'administration, l'informatique ou l'ingénierie ont un avantage certain.

Compte tenu de l'ensemble de ces tendances, le nombre de bibliothécaires devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années.

Caractéristiques des emplois

Selon les données des recensements et de l'Enquête nationale auprès des ménages, les femmes occupaient environ 74 % des postes dans cette profession en 2011, proportion en légère baisse depuis 1991 (77%). L'été est la saison où il y a le plus de chômage dans cette profession en raison de la fermeture ou du ralentissement des activités de plusieurs bibliothèques, surtout dans le secteur de l'enseignement. D'ailleurs, le nombre de bénéficiaires d'assurance-emploi est de deux à trois fois plus élevé au mois d'août que de septembre à juin. Le Québec ne fournit de l'emploi qu'à 12 % des bibliothécaires canadiens, proportion près de deux fois inférieure à celle pour l'ensemble des professions (23 %).

Études et formation

Pour accéder à un poste de bibliothécaire, il faut habituellement être titulaire d'une maîtrise en sciences de l'information (bibliothéconomie). Cette formation est offerte par les universités de Montréal et McGill.

L'appartenance à la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec est obligatoire pour porter le titre de "bibliothécaire professionnel" et représente un atout pour accéder à un poste de bibliothécaire. Pour être membre à la Corporation, il faut posséder un diplôme ou l'équivalent en bibliothéconomie et sciences de l'information.

La Corporation et l'Association pour l'avancement des sciences et des techniques de la documentation (ASTED) offrent des activités de formation et de perfectionnement.

Références

Considérations importantes

Le nombre de bibliothécaires devrait augmenter légèrement au cours des prochaines années. Les compressions budgétaires gouvernementales pourraient toutefois inverser cette tendance.

Le taux de placement et le taux de chômage des diplômés de la maîtrise en sciences de l'information (bibliothéconomie) se comparent avantageusement à ceux des autres diplômés de la maîtrise.

Statistiques

Principaux indicateurs du marché du travail

Les indicateurs de taux de croissance, variation annuelle d'emploi, d'érosion annuelle et des besoins annuels totaux sont des prévisions générées par des économistes de Service Canada, région du Québec.

Indicateurs et prévisions pour le marché du travail
CNP 5111 Ensemble des professions
Emploi, moyenne 2012-2014 2 200 4 042 150
Bénéficiaires d'assurance-emploi en 2014 10 80 500
Taux de croissance annuel de 2015 à 2019 0,3 % 0,5 %
Variation annuelle d'emploi de 2015 à 2019 5 22 000
Érosion annuelle de 2015 à 2019 80 83 800
Besoins annuels totaux de 2015 à 2019 85 105 800

Remarque : Toutes les données sont arrondies.

Sources : Statistique Canada – Enquête sur la population active (EPA),
Emploi et Développement social Canada (EDSC) – Données administratives

Principaux secteurs d'emploi

Les répartitions par secteur ont été préparées par des économistes de Service Canada, région du Québec.

Principaux secteurs d'emploi
Secteur CNP 5111
Autres services d'information (y compris les bibliothèques) 57,0 %
Enseignement 21,3 %
universités 17,5 %
Administration publique 9,5 %

Source : Statistique Canada – Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011

Répartition de l'emploi selon certaines caractéristiques

Emploi selon certaines caractéristiques
CNP 5111 Ensemble des professions
Emploi selon le sexe
Hommes 25,8 % 51,9 %
Femmes 74,2 % 48,1 %
Emploi selon le groupe d'âge
15 - 24 ans 0,6 % 13,3 %
25 - 44 ans 44,9 % 42,7 %
45 - 64 ans 53,5 % 41,1 %
65 ans et plus 0,9 % 2,8 %
Emploi selon le statut
Plein temps 83,6 % 81,2 %
Temps partiel 16,4 % 18,8 %
Emploi selon le revenu annuel
À temps plein et à l'année 66,7 % 54,8 %
Revenu annuel moyen 60 100 $ 50 300 $
0 $ à 19 999 $ 1,4 % 13,3 %
20 000 $ à 49 999 $ 29,9 % 48,0 %
50 000 $ et plus 68,7 % 38,8 %
Emploi selon le plus haut niveau de scolarité atteint
Moins d'un DES 1,3 % 12,1 %
Diplôme d'études secondaires (DES) 3,8 % 20,3 %
Diplôme postsecondaire non universitaire 11,6 % 44,2 %
Baccalauréat et plus 83,3 % 23,4 %
Emploi selon la région économique
Abitibi-Témiscamingue 0,0 % 1,8 %
Bas-Saint-Laurent 2,2 % 2,3 %
Capitale-Nationale 6,3 % 9,4 %
Centre-du-Québec 1,3 % 2,9 %
Chaudière-Appalaches 1,6 % 5,5 %
Côte-Nord et Nord-du-Québec 0,9 % 1,6 %
Estrie 2,8 % 3,8 %
Gaspésie–îles-de-la-Madeleine 0,0 % 0,9 %
Lanaudière 2,5 % 6,1 %
Laurentides 3,8 % 7,3 %
Laval 2,8 % 5,2 %
Mauricie 0,9 % 3,0 %
Montérégie 12,3 % 19,2 %
Montréal 53,3 % 22,9 %
Outaouais 8,2 % 4,9 %
Saguenay–Lac-Saint-Jean 0,9 % 3,3 %
Autres répartitions d'emploi
Travail autonome 0,0 % 10,7 %
Immigration 16,0 % 13,7 %

Source : Statistique Canada – Enquête nationale auprès des ménages (ENM) 2011

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