Transport et entreposage (SCIAN 48-49): Québec, 2025
Faits saillants
Le secteur du transport et de l'entreposage représente 4,9 % de l'emploi au Québec.
L'emploi a augmenté de 4,2 % dans ce secteur en 2024, bien que le sous-secteur du transport en commun ait connu une baisse de 8,7 % de son emploi.
Le secteur devrait connaître un rythme de croissance de l'emploi très faible durant la période 2025-2027, tout juste en dessous de celui de l'ensemble des industries.
À propos du secteur
Composition et importance du secteur
Les activités du secteur du transport et de l'entreposage consistent à offrir différents services de transport de personnes et de marchandises incluant les services postaux, de messagers ainsi que les services d'entreposage. Les moyens pour livrer ces services sont multiples : le transport par camion, le transport ferroviaire, le transport maritime, le transport aérien, le transport par pipeline, le transport en commun et le transport terrestre de voyageurs.
Quatre des onze sous-secteurs regroupent plus des trois quarts de l'emploi total du secteur au Québec : le transport par camion (31,2 %), le transport en commun et transport terrestre de voyageurs (20,8 %), les activités de soutien au transport (16,4 %) ainsi que messageries et services de messagers (10,4 %).
La demande de services de transport et d'entreposage provient de tous les secteurs de l'économie, et est directement affectée par les fluctuations de l'activité économique et la dynamique des échanges commerciaux.
Le niveau d'activité dans le transport de marchandises est sensible à l'environnement d'affaires sur les marchés domestiques et extérieurs, et dépend des besoins du commerce de gros, du commerce de détail (la consommation) et du secteur manufacturier. De plus, la dynamique du transport de personnes est tributaire du tourisme, de l'économie, du mode de travail (télétravail), ainsi que de l'expansion du réseau de transport en commun.
Le secteur représente en moyenne 4,9 % de l'emploi au Québec au cours de la période 2022-2024, une proportion légèrement inférieure à celle du Canada (5,1 %) et de l'Ontario (5,0 %).
Étant donné sa nature, le secteur est bien représenté sur tout le territoire, avec des parts dans l'emploi régional allant de 3,4 % à 5,5 %. Plus de la moitié des emplois se retrouvent dans la Région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal.
| Transport aérien | Transport par camion | Transport en commun | Activités de soutien | Services postaux | Messageries | Autres secteurs | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 7.3 % | 31.2 % | 20.8 % | 16.4 % | 6.3 % | 10.4 % | 7.6 % |
Tableau 1 Emploi par région
| Région | Emploi moyen 2022-2024 |
Part de l'emploi total |
|---|---|---|
| Canada | 1 036 900 | 5,1 % |
| Québec | 219 800 | 4,9 % |
| Ontario | 401 300 | 5,0 % |
Main-d'uvre
Caractéristiques de la main-d'uvre
La main-d'uvre de ce secteur est composée en large majorité d'hommes (78,7 %). Cette proportion est nettement supérieure à celles de l'ensemble des industries où les hommes occupent 52,5 % des postes. Par rapport à l'ensemble des secteurs, les emplois sont plus souvent à temps plein (87,6 % contre 81,7 %) et la proportion de travailleurs autonomes est plus élevée (16,6 % contre 11,1 %). Les exigences pour plusieurs professions du secteur (tel un permis de conduire) font également en sorte qu'on y retrouve proportionnellement moins de jeunes de 15 à 24 ans alors que les 55 ans et plus y sont plus nombreux.
Les travailleurs de ce secteur affichent un niveau de scolarité inférieur à celui observé dans l'ensemble des industries. En effet, seulement 20,2 % détiennent un diplôme universitaire, comparativement à 31,9 % dans l'ensemble des secteurs. À l'inverse, la proportion de personnes ayant un diplôme d'études secondaires ou moins y est nettement plus élevée (35,8 %), dépassant la moyenne des industries (26,8 %).
Vu l'importance du transport par camion dans le secteur, les conducteurs de camion forment la profession la plus fréquente avec 26,4 % de l'emploi. D'ailleurs, les trois plus importantes professions sont celles de conducteurs de différents types de véhicules.
Tableau 2 Principales professions du secteur
| Profession | Emploi 2021 | Part du secteur |
|---|---|---|
| 73300 Conducteurs/conductrices de camions de transport | 51 490 | 26,4 % |
| 73301 Conducteurs/conductrices d'autobus et opérateurs/opératrices de métro et autres transports en commun | 20 480 | 10,5 % |
| 75200 Chauffeurs/chauffeuses de taxi, chauffeurs/chauffeuses de limousine et chauffeurs/chauffeuses | 8 615 | 4,4 % |
| 75101 Manutentionnaires | 7 825 | 4,0 % |
| 74101 Facteurs/factrices | 7 100 | 3,6 % |
Évolution récente
Le secteur du transport et de l'entreposage au Québec, fortement éprouvé par la pandémie, affiche depuis une nette reprise de sa production. Les perturbations dans les chaînes d'approvisionnement ont été résorbées, et l'achalandage dans le transport de personnes a affiché une croissance soutenue.
Après le creux de 2020, la conjoncture économique s'est améliorée, marquée par une reprise progressive. La hausse des prix des biens et des services de transport s'est stabilisée en 2023 grâce notamment aux politiques monétaires restrictives. Une fois l'inflation maîtrisée, les politiques monétaires ont commencé à s'assouplir au Canada pour stimuler la croissance économique au pays favorisant les échanges et déplacements. La forte expansion du PIB américain a aussi contribué à accroître la valeur des échanges de marchandises entre le Québec et les États-Unis. En effet, en 2024, la valeur des échanges (importations plus exportations) a atteint 133,9 milliards de dollars, en hausse de 3,0 % par rapport à l'année précédente.
Sur le plan démographique, le vieillissement de la main d'uvre, combiné à la fermeture des frontières lors de la pandémie ont mené à une certaine pénurie de main-d'uvre dans le secteur en 2022 et 2023. La reprise des vols et l'afflux des personnes immigrantes, notamment à statut temporaire, a permis d'atténuer le manque de travailleurs, le nombre de postes vacants reculant progressivement. Cela est d'autant plus le cas dans le secteur du transport, où la pénurie de camionneurs avait été vive réduisant ainsi les tensions sur le marché du travail de cette profession.
Dans ce contexte économique, commercial et démographique favorable, le volume de marchandises a montré plus de dynamisme en 2024 après un ralentissement en 2023. Les données sur le volume [AE1][GB2][FC3][FC4][AE5]de fret ont divergé d'un moyen de transport à l'autre. La hausse a été marquée pour le volume de fret aérien à l'aéroport Trudeau de Montréal qui a augmenté de 20,1 % en 2024. Par contre, les passages frontaliers de camions dans le centre du Canada (principalement l'Ontario et le Québec) ont faiblement diminué de 1,3 %. Les expéditions ferroviaires dans le Centre du Canada ont pour leur part aussi été en hausse mais celle-ci a été limitée du fait, que la seconde moitié de l'année a été marquée par d'importantes perturbations du travail, notamment un conflit impliquant le Canadien National. Le commerce maritime est encore ponctuellement affecté par différentes crises comme les attaques de navires commerciaux dans la mer Rouge. Le tonnage global de marchandise circulant au Port de Montréal s'est ainsi relativement maintenu (+ 0,2 %). En revanche, la quantité de conteneurs a diminué au port de Montréal de 4,8 % en 2024, contraction qui pourrait s'expliquer en partie du moins par le conflit de travail au Port de Montréal à l'automne de cette année. Les particularités de chacun des sous-secteurs font en sorte que ce sont ceux du transport par camion, du transport par train et du transport aérien qui ont obtenu les plus importants gains d'emplois en 2024.
Du côté du transport de passagers, l'achalandage continue de croître. En effet, le nombre de passagers dans le transport aérien a été en forte hausse depuis 2021 et l'achalandage dans le transport collectif a augmenté de 21,4 % en 2023, sans toutefois retrouver son niveau prépandémique (403,5 millions de déplacements contre 649,7 millions en 2019), en raison principalement du télétravail. Les pertes de revenus et la hausse des coûts d'exploitations ont creusé les déficits, entrainant une baisse d'emplois de 8,7 % dans ce sous-secteur.
Finalement, le produit intérieur brut réel du secteur du transport est en croissance, et vient tout juste de dépasser son niveau prépandémique.
En somme, les conséquences de la pandémie s'estompent progressivement, laissant place à une reprise soutenue du secteur. Les contextes économique, commercial et démographique ont été favorables au secteur malgré les conflits de travail, les difficultés dans le transport maritime et les déficits des transports collectifs. Ainsi, l'emploi dans le secteur du transport et entreposage a solidement progressé de 4,2 % en 2024, se rapprochant de son niveau prépandémique.
| 2015 | 2016 | 2017 | 2018 | 2019 | 2020 | 2021 | 2022 | 2023 | 2024 | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| PIB réel | 100 | 104 | 109 | 112 | 116 | 86 | 91 | 107 | 114 | 117 |
| Prix du pétrole | 100 | 89 | 104 | 134 | 117 | 80 | 140 | 195 | 159 | 157 |
| Emploi | 100 | 101 | 105 | 107 | 119 | 115 | 114 | 111 | 111 | 116 |
Perspectives d'emploi
Bien que plusieurs des problèmes engendrés par la pandémie soient désormais en grande partie résolus, le secteur du transport et de l'entreposage devra faire face à plusieurs enjeux durant les prochaines années. Cette tension découle principalement des effets directs et indirects des politiques tarifaires des États-Unis, ainsi que de la diminution de l'offre de main-d'uvre au Québec.
L'incertitude entourant les menaces tarifaires, tant au Canada qu'à l'international, ainsi que l'application concrète de ces mesures, exerce une pression sur l'économie mondiale et, par conséquent, sur le secteur du transport québécois. Les risques de ralentissement économique aux États-Unis, au Canada et au Québec, restent élevés. Cette incertitude généralisée incite les entreprises du secteur à revoir leurs prévisions de marchandises ou passager et à reporter leurs décisions d'investissement et d'embauche, ce qui en freine la croissance.
Parallèlement, l'imposition de tarifs sur certains produits canadiens augmente leur coût sur le marché américain, réduisant ainsi leur compétitivité face aux fabricants locaux. Si les produits ne trouvent pas preneur aux États-Unis, cela se traduira directement par une perte d'opportunités commerciales pour les transporteurs québécois. En 2024, les États-Unis demeuraient le principal partenaire commercial du Québec, représentant 73,4 % de ses exportations et 33,4 % de ses importations. L'imposition de tarifs douaniers par les États-Unis pourrait compromettre les échanges commerciaux entre les deux partenaires. Les transporteurs de marchandises seraient ainsi directement touchés par cette guerre commerciale et par le ralentissement économique qui en découlerait. Cela dit, au moment de rédiger ce texte, les tarifs ne concernent qu'une portion limitée des biens exportés, grâce à l'exclusion des produits couverts par l'Accord Canada–États-Unis–Mexique, dont la révision est prévue en 2026. Ces perspectives pourraient ainsi différer selon la portée de cette révision.
Sur le plan démographique, après une forte hausse de l'immigration, les gouvernements du Canada et du Québec prévoient réduire les niveaux d'immigration au cours de la période de prévision. Selon les projections de l'Institut de la statistique du Québec, la population des 25 à 54 ans– la plus active sur le marché du travail– augmenterait de 0,4 % en 2025, mais diminuerait de 0,6 % en 2026 et de 1,2 % en 2027. Ce recul de la population active devrait contribuer à freiner la croissance du secteur et limiter les gains d'emplois. Aussi, avec une population dont la croissance ralentit, la demande pour le transport en commun pourrait plafonner, surtout avec la réduction des immigrants à statut temporaires, particulièrement présents dans les grands centres.
Les sous-secteurs du transport par camion et le transport de biens par train devraient subir des pertes d'emplois entre 2025 et 2027 principalement en raison des tarifs douaniers. Pour le sous-secteur du transport en commun et le transport terrestre de voyageurs, les perspectives d'emplois sont plutôt positives considérant l'importante croissance de l'achalandage durant les dernières années. L'achalandage devrait continuer de croître en raison notamment du retour accru des travailleurs en présentiel au bureau ainsi que de différentes politiques de mobilité durable. Cependant, les services de transport en commun pourraient se réorganiser, à la fois en raison des déficits financiers des sociétés de transport et de la mise en service progressive du Réseau express métropolitain (REM), un système entièrement automatisé. Ces transformations pourraient entraîner quelques pertes d'emplois.
Du côté du transport de passager par avion, les perspectives d'emplois sont très positives. À ce titre, l'aéroport Montréal-Trudeau a annoncé un investissement de 10 milliards de dollars pour moderniser ses installations dans le but d'accueillir entre 30 et 35 millions de voyageurs supplémentaires par année.
Dans l'ensemble, l'évolution divergente de l'emploi dans les divers sous-secteurs de l'industrie ferait en sorte que celle-ci devrait enregistrer, globalement, un rythme de croissance de l'emploi très faible, légèrement inférieur à celui de l'ensemble des industries pour la période 2025-2027. Ce ralentissement contraste avec la forte croissance observée en 2024.
Pour plus d'information
Les auteurs ont pris un soin particulier à rédiger ce document en fondant leurs recherches sur des informations sur le marché du travail qui étaient exactes et pertinentes au moment de la publication. Le marché du travail étant en évolution constante, les données fournies peuvent avoir changé depuis la publication de ce document. Nous encourageons les lecteurs à consulter d'autres sources pour obtenir des renseignements supplémentaires sur l'économie et le marché du travail locaux. Les renseignements présentés dans ce document ne reflètent pas nécessairement les politiques officielles d'Emploi et Développement social Canada.
Préparé par : Direction de l'analyse du marché du travail, Service Canada, Québec. Pour de plus amples informations, veuillez communiquer avec l'équipe de l'IMT
Annexe
Tableau A1
Répartition géographique de l'emploi et perspectives d'emploi au Québec, moyenne 2022-2024
| Transport et entreposage | |||
|---|---|---|---|
| Région | Part de l'emploi au Québec |
Part de l'emploi dans la région |
TCAM* |
| Ensemble du QUÉBEC | 100,0 % | 4,9 % | 0,7 % |
| Abitibi-Témiscamingue | 1,5 % | 4,6 % | 0,8 % |
| Bas-Saint-Laurent | 2,2 % | 5,0 % | −5,2 % |
| Capitale-Nationale | 7,5 % | 4,0 % | −1,8 % |
| Centre-du-Québec | 2,5 % | 4,1 % | −15,1 % |
| Chaudière-Appalaches | 4,4 % | 4,0 % | −2,4 % |
| Côte-Nord / Nord-du-Québec | 1,1 % | 4,8 % | −4,5 % |
| Estrie | 2,7 % | 3,5 % | −18,4 % |
| Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine | 0,8 % | 4,8 % | 2,3 % |
| Lanaudière | 6,5 % | 5,0 % | 3,1 % |
| Laurentides | 6,8 % | 4,3 % | −7,3 % |
| Mauricie | 2,6 % | 4,5 % | −4,3 % |
| Montérégie | 20,9 % | 5,4 % | 1,3 % |
| Outaouais | 3,3 % | 3,4 % | −7,5 % |
| Saguenay–Lac-Saint-Jean | 2,5 % | 4,2 % | −3,7 % |
| Montréal (région métropolitaine) | 59,0 % | 5,5 % | 4,8 % |
Tableau A2
Caractéristiques de la main-d'uvre au Québec, moyenne 2022-2024
| Transport et entreposage | |||
|---|---|---|---|
| Caractéristique | Volume | Part dans le secteur | Part dans l'ensemble des secteurs |
| Emploi total | 219 800 | 100,0 % | 100,0 % |
| Hommes | 172 900 | 78,7 % | 52,5 % |
| Femmes | 46 900 | 21,3 % | 47,5 % |
| 15-24 ans | 13 700 | 6,2 % | 13,3 % |
| 25-54 ans | 141 000 | 64,1 % | 65,0 % |
| 55 ans et plus | 65 100 | 29,6 % | 21,7 % |
| Emploi à temps plein | 192 500 | 87,6 % | 81,7 % |
| Emploi à temps partiel | 27 300 | 12,4 % | 18,3 % |
| Employé | 183 400 | 83,4 % | 88,9 % |
| Travailleur autonome | 36 400 | 16,6 % | 11,1 % |
| Aucun diplôme | 25 400 | 11,6 % | 9,4 % |
| Diplôme d‘études secondaires | 53 200 | 24,2 % | 17,4 % |
| Certificat ou diplôme d'études postsecondaires | 96 900 | 44,1 % | 41,3 % |
| Grade universitaire | 44 300 | 20,2 % | 31,9 % |
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