Analyse économique - Québec: 2024

Données démographiques

Points saillants

9,1 millions de personnes habitant au Québec en 2024, une hausse de 6,8 % depuis 2019.

La population du Québec, avec un âge médian de 42,6 ans, est plus vieillissante que l'ensemble du Canada (40,6 ans).

  • Le poids démographique du Québec dans le Canada se fixe à 21,9 %, alors qu'il était à 22,6 %, 5 ans plus tôt.
  • Toutes proportions gardées, le Québec compte en 2024 plus de personnes de 65 ans et plus (21,1 % contre 18,9 %) et un nombre légèrement moindre de jeunes de moins de 20 ans (20,7 % contre 20,8 %) que la moyenne canadienne.
  • En 2034, 1 personne sur 4 (24,4 %) serait âgée de 65 ans et plus, une augmentation de 3,3 points de pourcentage en 10 ans, d'après le scénario de référence de l'automne 2024 de l'Institut de la statistique du Québec.
  • Le ratio de dépendance démographique a augmenté significativement depuis 2019, passant de 66,9 % à 71,7 % en 2024. Cela signifie qu'il y a 72 personnes de moins de 20 ans et de 65 ans et plus pour 100 personnes en âge de travailler (20 à 64 ans) en mesure de les soutenir.

Le nombre d'immigrants en emploi au Québec s'est fixé à 1 072 300 en 2024, une augmentation de 9,4 % par rapport à 2023. Parmi ceux-ci, 193 800 sont temporaires, en hausse de 36,2 % comparé à 2023. Inversement, l'emploi a diminué de 1,4 % pour la population non immigrante.

En 2024, le Québec a continué de voir sa population croître grâce à un solde migratoire positif, malgré les annonces visant à resserrer les critères d'admission pour ralentir l'afflux d'étudiants étrangers, de travailleurs immigrants et de demandeurs d'asile. L'immigration temporaire a même dépassé le sommet de l'année précédente, avec une moyenne de 566 800 résidents non permanents sur le territoire en 2024, soit une hausse de 37 % en un an. En revanche, le gouvernement du Québec a admis 59 500 immigrants permanents conformément à ses seuils fixés.

Près de 47 % de la population (Recensement de 2021) du Québec déclare avoir une connaissance des deux langues officielles. Un peu plus de 61 % de ces personnes bilingues sont concentrées dans la RMR de Montréal.

Les autochtones constituent 2,5 % de la population québécoise (Recensement de 2021), ce qui représente une proportion moitié moindre que celle du Canada (5,0 %). La pandémie a affecté dans des proportions semblables l'emploi chez les autochtones et les non-autochtones, mais chez les premiers, la reprise a été plus lente.


Conditions du marché du travail

En 2024…

augmentation

L'emploi de +1,0 %, surtout en deuxième moitié d'année

augmentation

Le nombre de chômeurs est en forte hausse (+21,3 %) découlant de la croissance de la population

diminution

Le taux d'emploi diminue de 62,4 % à 61,4 %

augmentation

Le taux de chômage augmente significativement passant de 4,5 % à 5,3 %

Taux de chômage

Montrer le tableau de données: Taux de chômage
Année Taux de chômage (%)
2015 7,7
2016 7,2
2017 6,1
2018 5,5
2019 5,1
2020 8,9
2021 6,1
2022 4,3
2023 4,5
2024 5,3
  • En 2024, le marché du travail a progressé avec une moyenne annuelle de 4,6 millions d'emplois, mais plus lentement. L'ajout de 43 200 emplois, la plus faible augmentation depuis la pandémie, les employeurs ayant limité les embauches en première moitié d'année dans la foulée du ralentissement économique de 2023.
  • La population active a augmenté de 88 200 personnes (+1,9 %), soit plus du double des emplois créés, principalement en raison de la croissance démographique, dont l'immigration temporaire constitue une part importante.
  • La hausse de la population active et la faible création d'emplois ont porté le taux de chômage à 5,3 % (+0,8 point de pourcentage; p.p.), avec des effets plus marqués sur les jeunes de 15 à 24 ans à 9,5 % (+2,1 p.p.) et les immigrants très récents à 11,3 % (+1,8 p.p.).
  • Le nombre moyen de postes vacants a chuté de 27 % à 133 000 pour l'ensemble de l'année 2024, le niveau le plus bas depuis 2019. Cette baisse, combinée à une hausse de chômeurs, confirme donc un marché du travail qui demeure moins serré et les pénuries de travailleurs moins présentes.

Conjoncture économique

Les facteurs économiques du Québec en 2024

Reprise robuste, mais s'essoufflant en deuxième moitié d'année

Ralentissement de la création d'emplois dans la foulée de la récession de 2023

Emploi soutenu en grande partie par le secteur public

Inflation et taux d'intérêt en baisse et retour à la normale en fin d'année

Taux de croissance du PIB
Montrer le tableau de données: Taux de croissance du PIB
Taux de croissance du PIB
Taux de croissance du PIB
2023   3,5 %
2023   0,6 %
2024   1,4 %
Résumé de 2024…
  • En 2024, l'économie a repris avec une croissance de 1,4 %, contre 0,6 % l'année précédente. La réduction des taux d'intérêt a stimulé la consommation et mis fin à la récession technique de 2023, évitant une récession majeure.
  • Cette performance est due en partie à une hausse démographique, avec l'augmentation des immigrants surtout temporaires (travailleurs, étudiants, demandeurs d'asile) qui ont fait croître la population et l'économie du Québec.
  • Le taux d'intérêt directeur de la Banque du Canada a poursuivi sa descente, passant de 5 % en janvier 2024 à 3 % en janvier 2025 alors que l'inflation est maintenant sous contrôle.

Risques pour l'économie du Québec en 2025

  • Une récession économique résultant des tarifs douaniers américains et des répliques canadiennes et internationales perturbant les chaines d'approvisionnement.
  • La reprise des pressions inflationnistes liées à la hausse des coûts pour les entreprises et les consommateurs.
  • Les incertitudes géopolitiques et économiques liées à la nouvelle administration américaine depuis janvier 2025 et à la continuation des tensions commerciales à l'échelle mondiale.
  • Inflation et récession simultanées limitant la possibilité de la Banque du Canada d'utiliser efficacement les outils monétaires dont elle dispose.
  • Une éventuelle hausse du nombre de postes vacants avec la diminution de l'immigration dans un contexte de besoins persistants de main-d'œuvre spécialisée malgré un ralentissement.

Enjeux provinciaux

L'incertitude liée aux tarifs douaniers américains sur les produits canadiens, et les risques de ralentissement économique mondiale influenceront les décisions d'affaires en 2025, réduisant les investissements et ralentissant les embauches.

La diminution des travailleurs disponibles, due aux nouvelles restrictions en immigration, pourrait atténuer l'effet des tarifs sur le chômage, mais accentuer les difficultés de recrutement dans les secteurs en pénurie de main-d'œuvre au Québec.

L'objectif du Québec d'atteindre l'équilibre budgétaire en cinq ans freinera la croissance des dépenses, ralentissant les projets et limitant le recrutement dans le secteur public, malgré des besoins élevés en santé et en éducation.


Tendances de l'industrie

Montrer le tableau de données :Variation de l'emploi par industrie (SCIAN) en 2024
Variation de l'emploi par industrie (SCIAN) en 2024
Industrie (SCIAN) Variation de l'emploi (000)
Soins de santé et assistance sociale 7,4 % (45,1 k)
Commerce de gros 5,8 % (8,2 k)
Transport et entreposage 4,2 % (9,2 k)
Services d'enseignement 3,4 % (11,7 k)
Hébergement et restauration 3,3 % (7,7 k)
Construction 3,1 % (10 k)
Services professionnels, scientifiques et techniques 2,2 % (8,3 k)
Administrations publiques 1,3 % (3,8 k)
Ensemble des industries 1,0 % (43,2 k)
Biens durables -0,2 % (-0,5 k)
Autres services -0,3 % (-0,5 k)
Fabrication -0,8 % (-4,2 k)
Finance, assurances, immobilier et location -1,7 % (-4,7 k)
Biens non durables -1,8 % (-3,7 k)
Foresterie, pêche, mines, exploitation en carrière, et extraction de pétrole et de gaz -1,9 % (-0,7 k)
Agriculture -2,5 % (-1,3 k)
Services aux entreprises, services relatifs aux bâtiments et autres services de soutien -2,6 % (-4,4 k)
Services publics -4,1 % (-1,3 k)
Commerce de détail -4,9 % (-25,7 k)
Information, culture et loisirs -8,4 % (-17,9 k)

 


  • Dans l'ensemble, l'emploi a progressé en 2024, mais la croissance a été plus modeste dans la production de biens (0,3 %) que dans le secteur des services (1,1 %).
  • Dans les services, les plus fortes hausses ont été observées dans le secteur public, principalement dans la santé et l'assistance sociale, qui a ajouté 45 100 emplois, équivalents aux gains nets d'emplois dans leur ensemble (+43 200). Les services d'enseignement ont également connu une augmentation avec la création de 11 700 emplois.
  • Des hausses d'emplois notables ont aussi été enregistrées dans la construction (+10 000), le transport et l'entreposage (+9 200), les services professionnels, scientifiques et techniques (+8 300) et les services d'hébergement et de restauration (+7 700).
  • En revanche, les secteurs ayant subi les plus importantes pertes sont le commerce de détail (-25 700) et l'information, la culture et les loisirs (-17 900). Dans ce dernier secteur, l'édition (-8 800) et la radiotélévision (-8 700) ont été particulièrement touchées.


Perspectives Professionnelles


  • Les professions dont les perspectives sont les meilleures sur l'horizon 2024-2026 se concentrent dans les grandes catégories professionnelles suivantes : la santé; l'enseignement, le droit, les services sociaux, communautaires et gouvernementaux; les affaires, la finance et l'administration; les sciences naturelles et appliquées.
  • À l'inverse, les professions avec les perspectives les plus limitées se retrouvent dans : la vente et les services; les métiers, le transport et la machinerie; les ressources naturelles et l'agriculture; la fabrication et les services d'utilité publique.


Conditions économiques régionales


  • En 2024, la plupart des régions du Québec ont connu des hausses d'emplois, mais les gains les plus importants en proportion de l'emploi régional ont été enregistrés en Mauricie (+5,3 %; +6 700 emplois), en Estrie (+5,0 %; +8 300 emplois), au Bas-Saint-Laurent (+4,6 %; +4 500 emplois) et en Abitibi-Témiscamingue (+4,5 %; +3 300 emplois).
  • Contrairement à l'année précédente où la majorité des emplois avaient été créés à Montréal et les régions environnantes, c'est dans la région de Montréal que le recul a été le plus marqué, avec une diminution de 7 300 emplois (-0,7 %). La RMR de Montréal a perdu 19 800 emplois en 2024 après un gain de 83 100 en 2023. Toutefois, en proportion de l'emploi régional, le Saguenay–Lac-Saint-Jean (-1,0 %) et la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (-1,3 %) ont connu une décroissance plus importante.
Montrer le tableau de données : Variation de l'emploi en 2024
Variation de l'emploi par région économique en 2024
Région Variation de l'emploi
Ensemble du Québec 1,0 % (43,2 k)
Mauricie 5,3 % (6,7 k)
Estrie 5,0 % (8,3 k)
Bas-Saint-Laurent 4,6 % (4,5 k)
Abitibi-Témiscamingue 4,5 % (3,3 k)
Chaudière-Appalaches 3,5 % (8,2 k)
Centre-du-Québec 1,9 % (2,5 k)
Laurentides 1,6 % (5,6 k)
Outaouais 1,2 % (2,5 k)
Côte-Nord & Nord-du-Québec 1,2 % (0,6 k)
Lanaudière 1,1 % (3,1 k)
Capitale-Nationale 1,0 % (4,1 k)
Laval 0,9 % (2,2 k)
Montérégie 0,1 % (0,8 k)
Montréal -0,7 % (-7,3 k)
Saguenay–Lac-Saint-Jean -1,0 % (-1,4 k)
Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine -1,3 % (-0,5 k)

 


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